«Rwama», une bande dessinée intimiste sur la vie quotidienne à Alger à la fin du XXe siècle

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«Rwama», une bande dessinée intimiste sur la vie quotidienne à Alger à la fin du XXe siècle

Rwama, mon enfance en Algérie (1975-1992) est sortie aux éditions Dargaud le 15 mars 2024. À travers l’histoire de son auteur, Salim Zerrouki, cette bande dessinée dresse le tableau politique et religieux d’époque d’un pays en crise.

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Rwama, mon enfance en Algérie (1975-1992), est la troisième bande dessinée de l’algérien Salim Zerrouki. Elle est sortie le 15 mars 2024 chez Dargaud. Salim Zerrouki a publié en 2018, sa première bande dessinée, Comment se débarrasser de nous pour un monde meilleur,suivie en 2021, de Comment réussir sa migration clandestine.

Ces bandes dessinées mêlent toujours autodérision et humour noir. Rwama est un roman sociologique sur l’Algérie raconté à hauteur et avec des yeux d’enfant. Il dépeint le portrait politique, et religieux d’une Algérie qui sombre.

« Dès le début, je voulais raconter l’Algérie »

La bande dessinée Rwama est en quelque sorte un roman graphique intime et personnel sur l’Algérie moderne. Son auteur, Salim Zerrouki, n’a pas voulu séparer sa vie du portrait de sa ville et du quartier où il a vécu à Alger.

En dessinant avec un style clair et expressif les petites histoires vécues dans l’Algérie après 1975, il restitue son quartier, son immeuble, son école et la cité populaire voisine, tout en racontant le quotidien bien terne de la classe moyenne algéroise.

Il raconte également l’espoir et très vite les désillusions de la génération de ses parents, l’échec du socialisme, la corruption du pouvoir, la pénurie alimentaire, la répression de la jeunesse qui a essayé de se révolter, et enfin, la montée de l’islamisme.

Dans Rwama, qui veut dire « les Français » en algérois, les souvenirs de Selim Zerrouki sont distillés dans la grande Histoire du pays. « C’est injuste », pense toujours l’auteur à chaque fois qu’il est réprimé par un père autoritaire qui l’empêche de vivre, comme pour dénoncer l’injustice subie par la jeunesse du pays face à l’autorité politique. Une réalité qui résonne à bien des égards avec celle d’aujourd’hui.


Avant de commencer le travail sur cette bande dessinée, Salim Zerrouki a dessiné quatre planches et les a postées sur les réseaux sociaux. De nombreuses personnes lui demandaient d’en raconter plus.

« Dès le début, je voulais raconter l’Algérie, explique-t-il au micro d’Houda Ibrahim. Je n’ai jamais voulu raconter mon histoire à moi, et je voulais dès le début raconter l’histoire de mon immeuble, qui était très important pour moi. C’était un immeuble moderne, construit pour les méditerranéens de 75. C’était une cité avant-gardiste avec toutes les technologies récentes à l’époque. Et je voulais raconter comment cet immeuble, il s’est délabré très rapidement, et comment l’Algérie a sombré aussi. J’ai fait un petit parallèle entre ces deux histoires : l’histoire de mon immeuble lui-même, le béton, et entre l’histoire de l’Algérie, j’ai raconté la mienne, un petit peu ».

Il conclut : « En fait, en racontant l’histoire de mon immeuble, j’étais collé à une cité très populaire, une cité standard à l’époque. Entre ces deux cités là – la mienne, qui était moderne et la cité populaire, qui était très densément peuplée – j’essaie de raconter un peu, sociologiquement, l’Algérie. »

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