L’Inde, nouveau chouchou en Asie des entreprises et investisseurs -Le 13 mars 2024 à 06:46

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L’Inde, nouveau chouchou en Asie des entreprises et investisseurs -Le 13 mars 2024 à 06:46

Paris (awp/afp) – Cinquième puissance économique mondiale, l’Inde attire de plus en plus d’entreprises et d’investisseurs étrangers désireux de moins dépendre de la Chine, où risques économiques et géopolitiques vont croissant.

Le gouvernement chinois s’est dit conscient des « risques économiques latents » dans certains secteurs, durant la session annuelle du Parlement, grand-messe politique du pays achevée lundi, alors que les investissements étrangers y ont chuté de 82% l’année dernière, à 33 milliards de dollars, selon les chiffres officiels.

L’Inde reconnaît aussi un repli des investissements étrangers, mais moindre, et ils devraient dépasser ceux reçus par la Chine, avec déjà 33 milliards de dollars engrangés au premier semestre de 2023, qui va d’avril à septembre en Inde, en baisse de 18% sur un an.

Face aux tensions diplomatiques et commerciales entre Washington et Pékin, et après les perturbations liées aux restrictions anti-Covid en Chine, plusieurs poids lourds du secteur technologique profitent notamment d’un programme du gouvernement indien de subventions pour de nouvelles usines afin de diversifier leurs implantations.

L’américain Apple, dont la présence en Inde était marginale en 2021, souhaite ainsi y produire un quart de ses iPhone, selon le gouvernement. Cet objectif serait atteint dès 2025, d’après des analystes de JPMorgan.

L’un de ses principaux fournisseurs, le taïwanais Foxconn, a investi massivement en Inde – notamment avec l’achat en 2023 d’un immense terrain dans le sud du pays. Pour son président Young Liu, il y a le potentiel pour investir « plusieurs milliards de dollars » en Inde.

Samsung, Google, HP, ou encore Dell ont aussi montré des signes d’intérêt pour le pays.

Bombay surpasse Hong Kong

Côté marchés financiers, « l’Inde offre la meilleure opportunité de croissance » de la région Asie-Pacifique, selon la banque d’investissement Goldman Sachs.

La capitalisation de la Bourse de Bombay a dépassé Hong Kong fin janvier, pour devenir la quatrième au monde, derrière New York, Shanghai/Shenzen et Tokyo, d’après les données de Bloomberg. Et elle pourrait prendre la troisième place d’ici à 2030, note la banque américaine Morgan Stanley.

Depuis début 2020, l’indice boursier de Hong Kong a perdu plus de 40%, plombé notamment par un tour de vis du gouvernement chinois contre le secteur technologique, tandis que celui des principales entreprises cotées en Inde, le Nifty 50, a progressé de 80%.

« Il a pu y avoir une fuite vers des actifs sûrs et de qualité » d’investisseurs délaissant la Chine et désireux « de trouver un autre marché (aux) rendements attrayants », observe Aninda Mitra, stratégiste pour l’Asie de la banque américaine BNY Mellon IM.

Mais « à long terme », « la croissance indienne mérite de l’attention en tant que telle », et pas uniquement en miroir de « ce qu’il se passe en Chine », ajoute-t-il.

Croissance forte et stable

Alors que l’économie chinoise patine, entre crise immobilière et consommation en berne, l’Inde a vu son produit intérieur brut (PIB) tripler entre 2006 et 2021 et le gouvernement indien prévoit plus de 7% de croissance annuelle ces deux prochaines années. Le Premier ministre Narendra Modi ambitionne de faire du pays la troisième économie mondiale au cours du nouveau mandat qu’il briguera en mai.

La forte croissance démographique en Inde, pays le plus peuplé du monde depuis 2023, est un facteur de cette progression du PIB. Aninda Mitra rappelle cependant les défis de la transition de la main-d’oeuvre vers l’industrie et le risque « d’instabilité sociale ».

Olivier Mariée, directeur des coentreprises d’Amundi, salue lui la « politique économique et budgétaire » indienne, « avec beaucoup d’investissements dans les infrastructures et l’industrie ».

Amundi, premier gérant d’actifs européen, a reçu « beaucoup de marques d’intérêt » pour le marché indien « de la part d’investisseurs en Asie, en Europe, dans le Golfe et en Amérique latine », affirme-t-il. Les actifs gérés via sa coentreprise avec la banque indienne State Bank of India ont grimpé pour atteindre 230 milliards d’euros fin 2023. Leurs actifs sous gestion en Chine peinent eux à grossir depuis deux ans.

Sans avoir intégré des critères environnementaux, sociétaux ou de gouvernance (ESG) dans sa stratégie d’investissement, cette coentreprise d’Amundi affirme prendre en compte ces risques.

Chez Morgan Stanley, la part d’actifs indiens parmi les investissements dans les marchés émergents était déjà supérieure à celle des actifs chinois en 2022. Et cet écart s’est accentué l’année dernière avec 24,2% d’actions indiennes contre 18,2% d’actions chinoises, principalement des banques, des industriels et des sociétés technologiques.

afp/jh

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