une série de courriers attribués à Cavaye Yéguié Djibril crée le malaise

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Dans un communiqué rendu public cette semaine, le directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale (PAN), Boukar Abdourahim, insinue que son patron n’est pas l’auteur des nombreuses lettres qui lui sont attribuées ces dernières semaines et dans lesquelles des députés sont indexés. La dernière en date est adressée au président du Conseil militaire de transition du Tchad, Mahamat Idriss Déby. Elle présente le questeur de l’Assemblée nationale, le député Kamssouloum Abba Kabir, comme un trafiquant d’armes de guerre opérant le long de la frontière entre le Cameroun et le Tchad voisin.
Un proche du député ne cache pas que cette lettre a créé un vif malaise entre les deux hommes après qu’elle soit devenue virale sur les réseaux sociaux. Kamssouloum Abba Kabir, lui-même, fait savoir que ce document porte atteinte à la dignité de l’Assemblée nationale, à son image de marque et son honorabilité. Autant de choses qui ont mis la pression sur Cavaye Yéguié Djibril (photo). D’où le communiqué rendu public par son directeur de cabinet et lu sur les ondes de la CRTV, la radio publique.
« Je me réjouis que cette correspondance ait été dénoncée comme “FAKE” », écrit Kamssouloum Abba Kabir, l’élu du département du Logone-et-Chari, dans la région de l’Extrême-Nord, dans un message posté sur sa page Facebook à l’intention de sa base électorale. Il regrette toutefois que la fameuse mise au point ait gardé une « portée générale » dans la mesure où elle ne cite pas clairement la lettre censée être envoyée à Mahamat Idriss Déby.  
Effectivement, le communiqué de Boukar Abdourahim ne cite nulle part le député Kamssouloum Abba Kabir. Le même communiqué ne revient pas nommément sur une autre affaire du même genre, qui concerne cette fois le député Salmana Amadou Ali. Ce dernier a récemment été décoré par Faustin Archange Touadéra, le président centrafricain. On se rappelle que dans une autre lettre attribuée à Cavaye Yéguié Djibril, et adressée aux autorités centrafricaines, Salmana Amadou Ali, élu de la circonscription du Diamaré, toujours dans la région de l’Extrême-Nord, est présenté comme un homme à la « moralité douteuse ». Une accusation qui avait choqué les nombreux soutiens de cet élu.  
Des antécédents qui laissent songeur
Il n’y a pas que la chambre basse du Parlement qui était concerné par ces lettres attribuées à Cavaye Yéguié Djibril. Car Chetima Hamidou, le maire de la commune de Mora, et Ibrahim Talba Malla, le secrétaire à l’organisation du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) et ministre délégué à la présidence de la République chargé des Marchés publics, ont été accusés de créer le désordre dans les rangs du parti dans le département du Mayo-Sava…
Dans la mise au point qu’il signe, Boukar Abdourahim affirme que « des individus sans foi ni loi font circuler des informations sans fondements, dans les réseaux sociaux pour ternir l’image du très honorable président de l’Assemblée nationale ». Mais une frange de l’opinion continue d’interroger le tempérament de Cavaye Yéguié Djibril, bien coutumier des accusations au vitriol. En 2015, il avait accusé le capitaine Bouba Simala, un de ses parents à qui il avait confié sa sécurité, de fomenter un assassinat contre lui. Cinq ans plus tard, ce dernier a tout simplement été acquitté.
C’est aussi le cas quand il s’écriait à l’hémicycle de Ngoa-Ekelle sur la secte islamique Boko Haram : « aucune force exogène ne saurait venir délibérément déstabiliser le socle granitique que constitue la République du Cameroun, sauf à croire que quelques complicités endogènes soient impliquées dans une telle tentative ».
Michel Ange Nga

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