Le Cameroun met au point une nouvelle stratégie de lutte et de traitement de l’onchocercose

Vieillard atteint d’onchocercose © IRD / Henri Guillaume

Cette stratégie est basée sur un diagnostic rapide de moins de trois minutes de la charge des parasites dénommés « Loa Loa » dans l’organisme, suivi d’un traitement à base de Mectizan.

Le Centre de recherche sur les filarioses et autres maladies tropicales (CRFILMT) basé au Cameroun, et bénéficiant du financement de la Fondation Bill et Melinda Gates, a mis au point une nouvelle stratégie de lutte et de traitement de l’onchocercose. 

«L’équipe prélève une goutte de sang dans un capillaire qui est introduit dans le Loascope et, en moins de trois minutes, la charge de microfilaires Loa Loa hébergée par l’individu est affichée sur l’écran du téléphone», explique le Professeur Joseph Kamgno, directeur du CRFILMT.

Selon ce chef de l’équipe des chercheurs, «lorsque cette charge parasitaire est inférieure à 20 000 microfilaires par millilitre de sang, le patient peut recevoir le Mectizan sans risque d’effet indésirable grave».

La stratégie proprement dite se fonde sur la méthode « Test and treat » avec un rôle important des technologies de l’information et de la communication.

Selon les chercheurs, les patients présentant des charges parasitaires supérieures à 20 000 microfilaires par millilitre de sang sont astreints à une cure de cinq semaines à base de cyclines qui sont des formes d’antibiotiques qui inhibent la multiplication des bactéries sans les tuer.

Encore appelée cécité des rivières, cette maladie parasitaire est transmise par les piqures de mouches noires infectées, communément appelées «mouts-mouts», causant ainsi en majorité la cécité, dans les dix régions du pays. Il faut souligner que sur la liste des maladies tropicales négligées à chimiothérapie préventive, l’onchocercose est identifiée comme un problème de santé publique depuis 1980 au Cameroun.

Une dizaine d’années plus tard, les interventions de lutte contre cette pathologie ont commencé à être effectives. Environ une vingtaine d’années plus tard, en 2012, après que le premier vaccin ait été administré à base d’Ivermectine, dans le département de la Vina, région du Nord, plus de cinq millions de malades, dont 32 000 aveugles, étaient recensés.

Selon le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, 80 millions de traitements auraient été apportés à ce jour depuis 2005, par le programme africain de lutte contre l’onchocercose.

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