Un colonel qui devait être témoin dans une affaire de complot se retouve principal accusé

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Un colonel qui devait être témoin dans une affaire de complot se retouve principal accusé

Piégé par la justice militaire algérienne, un colonel a défié le juge lors d’un procès durant lequel il a demandé la présence du général Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’armée algérienne. Les règlements de comptes entre les clans au pouvoir dans la « Nouvelle Algérie », continuent de remplacer la vraie justice.

Dans un scénario digne d’un film, le colonel Bennacer, qui devait assister à un procès militaire en tant que témoin, s’est retrouvé être le centre des accusations. Présent mardi 13 février au tribunal militaire de Blida pour « complot contre l’Etat », une accusation des plus graves, le militaire a exigé la présence de celui qu’il juge être le protecteur de ceux qui sont réellement responsables, prenant de court l’audience.

Alors qu’il devait initialement être présent en tant que témoin, le colonel Boualem Bennacer, alias Hamza, officier de la Direction Générale de la Documentation et de la Sécurité Extérieure, ancien consul à Alicante en Espagne, a été accusé d’avoir comploté contre le conseiller du président de la République, Boualem Boualem, devenu depuis directeur du cabinet de la présidence.

Selon plusieurs sources de médias algériens mêmes, le colonel Boualem Bennacer, serait un homme reconnu pour son intégrité. « D’une grande compétence et intégrité morale que lui reconnaissent ses pairs et ses responsables, le colonel Boualem Bennacer a été nommé en septembre 2019, consul à Alicante dans le cadre de la militarisation du corps diplomatique algérien », indique-t-on.

Plus tard, le colonel a subi une réelle descente aux enfers, puisqu’en mars 2021, il a été relevé de ses fonctions et affecté au centre avancé de combat dit Hammaguir, dans la région de Bechar, à la frontière algéro-marocaine, pour un poste qui ne correspondait ni à son profil ni à sa formation.

Ce poste, relèvent plusieurs observateurs, est dédié aux officiers et sous-officiers récalcitrants des services secrets. Ils y sont affectés par mesure disciplinaire, et quelques mois plus tard, le colonel se voit relevé de ses fonctions.

Lors du procès, alors qu’il devait simplement témoigner dans cette affaire qui devait voir plusieurs têtes tomber, le colonel Bennacer a été accusé d’avoir été le cerveau de l’opération. Pris de colère, il a révélé que les noms cités n’étaient en réalité que la partie émergée de l’iceberg, donnant les noms exacts de ceux qui sont réellement responsables de ce scandale.

Il lui a été reproché d’avoir orchestré des fuites d’informations secrètes pour le compte d’un youtubeur installé à Londres, appelé le « rat de Londres ». Pourtant, ces fuites d’informations ont été conduites par les renseignements algériens eux-mêmes dont fait partie le général Djebbar Mehenna (patron de la sécurité extérieure algérienne) et d’autres clans au sein de l’institution militaire algérienne, tous protégés par le général Chengriha.

Devant ce retournement de situation inédit, le procureur de la République, le colonel Farid Boukhari, qui lui aussi avait fait les frais des règlements de comptes des clans militaire algériens, -emprisonné en 2020, dégradé puis réhabilité), a été désarçonné et a compris l’étendue du complot contre celui qui est devenu le bouc émissaire de cette affaire.

Trois séances du tribunal ont été levées à cause de cette mascarade et devant l’obstination de l’accusé à exiger la présence de Said Chengriha, refusant de porter le chapeau pour des faits qu’il n’a pas commis.

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