Malgré les critiques, l’Inde reste intraitable sur sa politique de sécurité alimentaire

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Malgré les critiques, l’Inde reste intraitable sur sa politique de sécurité alimentaire

Les désaccords persistent. A un mois de l’ouverture, à Abu Dhabi, de la réunion des ministres du Commerce des pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les questions agricoles divisent. C’est la politique de sécurité alimentaire qui agite les négociations à Genève. La dernière réunion du comité sur l’agriculture, mi-janvier, s’est soldée par une impasse.

L’Inde aux côtés de ses alliés du groupe des 33 (pays en développement, dont la Chine, en faveur d’une limitation de l’ouverture des échanges agricoles) veut traiter la question des stocks publics de denrées alimentaires de manière dissociée des autres sujets agricoles.

Fruit d’un accord intervenu à Bali en 2013, l’Inde pouvait en toute impunité, pendant quatre ans, acheter des céréales, notamment du blé et du riz, auprès des agriculteurs à des prix supérieurs à ceux du marché, pour constituer des stocks de précaution et les revendre à des prix plus bas pour nourrir les plus pauvres.

La prime d’achat allait bien au-delà des 10 % permis par l’OMC, sans que cela n’occasionne des plaintes au niveau de l’Organisation. La solution qui devait être temporaire a perduré depuis plus de dix ans.

Aujourd’hui, New Delhi souhaite assouplir les règles de subvention pour les programmes publics d’achat de céréales. L’Inde ambitionne d’étendre ce système à tous les pays en développement et à tous les aliments de base pour les programmes de stockage publics existants et à venir. Impensable pour les autres Etats membres.

Bras de fer

Les Etats-Unis ont fait savoir leur opposition : « Etant donn é les points de vue profondément divergents des membres », une solution permanente concernant la détention de stocks publics à des fins de sécurité alimentaire n’est « pas possible » d’ici à la réunion des ministres, le mois prochain. Pour Washington, l’accord de Bali n’a eu que des « conséquences néfastes » au cours des dix dernières années, laissant entendre que la solution provisoire avait permis à l’Inde de devenir le plus grand exportateur de riz.

Les stocks alimentaires achetés à des prix administrés par le gouvernement constituent l’une des subventions ayant le plus grand effet de distorsion des échanges et doivent être abordés dans le cadre global des négociations agricoles.

Faire baisser les prix

Les grands pays exportateurs de produits agricoles (le groupe de Cairns) et l’Union européenne partagent cette idée d’une négociation globale sur l’agriculture. Les pays développés exigent, outre la question des stocks de sécurité alimentaire, des discussions sur les restrictions à l’exportation de blé, de riz, de sucre et d’oignons imposées par l’Inde dans le but de faire baisser les prix de ces denrées alimentaires à l’approche des élections de cette année.

Au regard d’un accroissement de l’insécurité alimentaire dans de nombreuses régions du monde, bon nombre de pays membres de l’OMC restent convaincus que les éventuelles mesures sur l’agriculture qui seront annoncées à Abu Dhabi devraient avoir comme objectif principal la sécurité alimentaire. Un voeu qui devrait rester pieux, compte tenu de la fragmentation actuelle sur le sujet des stocks publics.

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