Xavier Messé était au courant de l’assassinat de Martinez Zogo depuis le 18 janvier.

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Xavier Messé était au courant de l’assassinat de Martinez Zogo depuis le 18 janvier.

 

Xavier Messé, journaliste et enseignant au Cameroun, a révélé qu’il avait été informé de l’assassinat de Martinez Zogo dès le mercredi 18 janvier.

Informé de la tragédie Xavier Messé a déclaré qu’il avait été parmi les premières personnes à être informé de l’assassinat de Martinez Zogo, mais qu’il n’avait pas le pouvoir ni le droit de l’annoncer aux personnalités. Il a été mis au courant de cette tragédie par un coup de téléphone très tôt le mercredi 18 janvier, alors que Martinez Zogo avait été enlevé et tué dans la nuit précédente.

Xavier Messé était au courant de l’assassinat de Martinez Zogo depuis le 18 janvier. TELES RELAY
Xavier Messé était au courant de l’assassinat de Martinez Zogo depuis le 18 janvier. TELES RELAY

Délai pour annoncer le décès

Même si Xavier Messé était informé de cette tragédie, l’annonce du décès de Martinez Zogo n’a été rendue publique que le 22 janvier. Xavier Messé a expliqué qu’il avait voulu laisser les autorités et les proches du défunt annoncer eux-mêmes cette terrible nouvelle, et qu’il fallait laisser ce travail aux personnes indiquées, c’est-à-dire les responsables de la sécurité et de la justice. Il a également suggéré que les autorités étaient au courant de l’assassinat, mais qu’elles cherchaient une formule pour annoncer cette triste nouvelle.

Violences contre les hommes de médias

Entre 2019 et 2022, 34 cas de violences exercées contre les hommes de médias ont été recensées au Cameroun, un record en Afrique selon Xavier Messé. Malheureusement, les commanditaires de ces actes n’ont jamais été inquiétés, car ils bénéficient de la protection de la machine de l’Etat, selon le professeur de journalisme.

Xavier Messé était au courant de l’assassinat de Martinez Zogo depuis le 18 janvier. TELES RELAY
Xavier Messé était au courant de l’assassinat de Martinez Zogo depuis le 18 janvier. TELES RELAY

Disparition et découverte du corps

Il était porté disparu depuis le 17 janvier. Le corps sans vie de Martinez Zogo, 51 ans, directeur général de la radio privée Amplitude FM, a été découvert le 22 janvier au matin, aux environs de la localité Soa, à la périphérie nord de Yaoundé. L’information a été confirmée par le porte-parole du gouvernement, René-Emmanuel Sadi, qui indique dans un communiqué daté du même jour que la dépouille a été retrouvée dans un « état de décomposition avancée ».

Sévices corporels

Charly Tchouemou, rédacteur en chef d’Amplitude FM, a assuré avoir reconnu la victime. Les autorités précisent quant à elles que l’épouse de Martinez Zogo a formellement reconnu ses effets personnels et que le journaliste « a subi d’importants sévices corporels ». Son corps a été transporté dans la journée à l’hôpital central de Yaoundé pour y être autopsié et, ce dimanche, une foule nombreuse s’était réunie devant l’établissement, ainsi que de nombreux éléments des forces de l’ordre. Le gouvernement a fait savoir qu’une enquête avait été ouverte pour retrouver « les auteurs de ce crime odieux, inqualifiable et inadmissible ».

Condamnation et enquête

L’opposition et des organisations de défense de la presse dénoncent un « assassinat ». Disparu dans des circonstances troubles, Zogo était l’animateur vedette d’une émission quotidienne, Embouteillage, diffusée du lundi au vendredi et très écoutée dans la capitale camerounaise. Une enquête avait été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances de sa disparition, selon une source policière.

À l’antenne, ce journaliste engagé abordait régulièrement des affaires de corruption, n’hésitant pas à mettre en cause nommément des personnalités importantes. Il avait notamment été détenu préventivement deux mois en 2020 dans une affaire où il était accusé de diffamation. Le Comité de protection des journalistes (CPJ) avait alors réclamé sa libération et exhorté le gouvernement à dépénaliser cette infraction.

Xavier Messé était au courant de l’assassinat de Martinez Zogo depuis le 18 janvier. TELES RELAY
Xavier Messé était au courant de l’assassinat de Martinez Zogo depuis le 18 janvier. TELES RELAY

Le Syndicat national des journalistes du Cameroun a exprimé dans un communiqué sa « consternation », dénonçant un « assassinat odieux » et appelant les travailleurs des médias à se vêtir de noir le 25

janvier pour marquer leur deuil. L’International Press Institute, organisation de défense de la liberté de la presse basée à Vienne, a exhorté les autorités camerounaises à « enquêter rapidement sur le meurtre horrible du journaliste Martinez Zogo et veiller à ce que les coupables soient traduits en justice ».

L’opposition politique s’est également indignée, à l’image du député de l’opposition du Social Democratic Front (SDF), Jean-Michel Nintcheu, qui a dénoncé dans un communiqué un « crime » qui « ne saurait rester impuni ».

L’ONG Reporters sans frontières (RSF) affirmait vendredi que Zogo avait été « enlevé » le 17 janvier et que des témoins avaient vu des individus l’embarquer de force dans une voiture.

En résumé, le journaliste Martinez Zogo a été retrouvé mort après avoir été porté disparu depuis le 17 janvier. Les autorités affirment qu’il a subi des sévices corporels. Le gouvernement a ouvert une enquête pour retrouver les auteurs de ce crime. L’opposition et des organisations de défense de la presse dénoncent un assassinat. Zogo était connu pour son engagement et son enquête sur des affaires de corruption, et avait été détenu préventivement en 2020 pour diffamation. Les organisations de défense de la presse et l’opposition politique appelle à une enquête rapide et à la justice pour les coupables.

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