la crainte d’une chute de tension

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la crainte d’une chute de tension

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La France pourrait connaître des coupures d’électricité temporaires en janvier, mais elle n’est pas la seule dans ce cas. Un rapport du Réseau européen des gestionnaires de réseau de transport d’électricité (Entso-e) fait état aussi de situations tendues pour l’Irlande, la Suède et la Finlande. Explications.

L’hiver promet d’être électrique en France et dans plusieurs pays européens. Alors que le Vieux Continent est soumis à des températures hivernales depuis quelques jours et que les prévisions météorologiques ne prévoient pas d’amélioration à court terme, la consommation d’électricité devrait aussi mettre sous tension plusieurs réseaux nationaux.

À commencer par la France, où un test a été mené par Enedis et RTE, vendredi 9 décembre, à l’échelle nationale. Cet exercice grandeur nature de l’énergéticien et du gestionnaire du réseau français vise à simuler des coupures d’électricité temporaires et ciblées si des délestages devaient intervenir cet hiver.

Le directeur de RTE, Jean-Paul Roubin, s’est voulu rassurant sur BFMTV le 7 décembre, assurant qu’il n’y aurait pas de coupures d’électricité “avant la fin de l’année”. “Au début de l’année prochaine, il ne faut pas paniquer”, a-t-il aussitôt ajouté, alors qu’il existe un risque élevé de délestages au mois de janvier.

Pourtant, le risque de tensions sur le réseau existe, avant même cette échéance. Une alerte orange Ecowatt, synonyme de réseau électrique sous tension et d’invitation des citoyens à faire des “écogestes”, aurait même pu survenir lundi 12 décembre, selon l’expert Nicolas Goldberg interrogé par Le Figaro.

“C’était une hypothèse au conditionnel”, nuance auprès de France 24 l’expert énergie chez Columbus consulting. “Aujourd’hui (vendredi), le signal Ecowatt est vert pour les trois prochains jours car on a une baisse de consommation de l’électricité et une production issue du nucléaire qui est remontée à 39 gigawatts (grâce au redémarrage de trois réacteurs jusqu’alors en maintenance, NDLR).”

Mais 16 réacteurs sur les 56 disponibles sont encore à l’arrêt pour des contrôles programmés ou des problèmes de corrosion. La situation devrait rapidement virer à l’orange, et parfois au rouge – synonyme de coupures de courant – au début de l’année prochaine, avec ce niveau de production nucléaire historiquement bas.

L’Irlande “très peu interconnectée”

Le Réseau européen des gestionnaires de réseau de transport d’électricité (Entso-e) calcule ainsi que la France pourrait manquer d’un peu plus de 20 heures d’électricité cet hiver, selon un rapport publié début décembre.

Mais la France ne devrait pas être la seule dans ce cas : “Ce rapport fournit une évaluation de la sécurité de l’approvisionnement en électricité pour la prochaine saison hivernale en Europe”, indique l’Entso-e. “Les principales tensions sur le système sont identifiées en Irlande, en France, dans le sud de la Suède, en Finlande, à Malte et à Chypre.”

L’indice LOLE (“Loss of Load Expectation” ou prévision de perte de charge), qui sert à mesurer la défaillance du réseau électrique de chaque État européen, calcule ainsi que l’Irlande devrait manquer d’un peu plus de 14 heures d’électricité.

“L’Irlande est un pays très peu interconnecté, donc c’est compliqué pour elle d’avoir une sécurité d’approvisionnement en électricité”, explique Nicolas Goldberg. Cela s’ajoute à une incapacité du pays à assurer ses propres besoins énergétiques : Eirgrid – l’opérateur public de transport d’électricité en Irlande – prévoyait déjà dans un rapport publié en octobre “une forte probabilité que le système entre dans l’état d’urgence à certains moments, en raison d’une production insuffisante pour répondre à la demande.”

Dans une moindre mesure, le sud de la Suède et la Finlande pourraient également connaître une situation énergétique tendue cet hiver. Deux régions suédoises devraient manquer respectivement de 1,26 heure et 0,26 heure d’électricité, tandis que les Finnois devraient manquer de 0,16 heure par rapport à leur hiver habituel.

Plusieurs raisons sont invoquées pour expliquer cette situation. La production issue du nucléaire va être plus faible que d’habitude dans les deux pays – de 1,1 gigawatt en Suède et de 1,4 gigawatt en Finlande, selon l’Entso-e. À cela s’ajoute le contexte international, et particulièrement la guerre en Ukraine. “De nombreux événements dans le monde qui nous entoure ont un impact négatif sur la situation de l’électricité en Suède”, explique l’Agence suédoise de l’énergie. “La principale raison est que la demande de gaz naturel est supérieure à l’offre sur le marché mondial.”

La Finlande a reconnu ce risque de pénurie d’électricité tout en minimisant sa portée. Dans un communiqué publié le 1er décembre, l’Agence de l’énergie finlandaise estime que cette situation “est possible à l’hiver 2022-2023”, mais elle considère que “la probabilité d’une pénurie prolongée d’électricité est faible”.



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