Les villes de France où la pauvreté frappe le plus

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Les villes de France où la pauvreté frappe le plus

Dans l’Hexagone, environ cinq millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 940 euros par mois (50% du niveau de vie médian qui s’élève 1.880 euros* par mois). C’est ce que rappelle l’Observatoire des inégalités, un organisme indépendant, dans la troisième édition de son rapport annuel sur la pauvreté en France. Étudiants précaires, chômeurs, immigrés… La pauvreté revêt des formes multiples, mais elle prend souvent sa source au sein “d’une France très populaire, peu diplômée, avec peu de réseau social, qui souvent n’a pas trouvé la ‘bonne’ place à l’école et sur le marché du travail”. Une population qui se concentre principalement dans les territoires urbains, attirée par les offres d’emplois et un parc de logements sociaux plus développé qu’ailleurs. Il n’est donc guère surprenant que “près des deux tiers des personnes dont le niveau de vie est inférieur à 60% du revenu médian (seuil de pauvreté de référence au niveau européen, 1.128 euros par mois de revenu disponible pour une personne seule, ndlr) vivent dans les pôles urbains qui regroupent au moins 10.000 emplois, selon l’Insee”, peut-on lire dans le rapport.

Et cette pauvreté des villes est parfois particulièrement marquée. Reprenant des données produites par l’Insee, l’Observatoire des inégalités a listé les 20 communes de plus de 20.000 habitants où le taux de pauvreté est le plus élevé (retenu ici à 60% du revenu médian). “Ce seuil rassemble des populations qui vivent dans le plus grand dénuement et des familles modestes dont la situation économique est un peu moins compliquée”, décrypte le rapport. Au sein de cette liste, une donnée se révèle particulièrement notable : l’île de La Réunion est surreprésentée dans le classement. Plus largement, neuf communes de ce territoire ultramarin figurent parmi les 20 villes de plus de 20.000 habitants les plus pauvres. À Saint-Benoît par exemple, 45% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. À savoir, avec moins de 1.128 euros de revenu disponible par mois. Il en est de même pour les communes du Port et de Saint-Joseph.

Des villes en banlieue parisienne apparaissent également dans cette liste. À Grigny, dans l’Essonne, 44% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Les difficultés économiques se concentrent aussi dans certaines communes de Seine-Saint-Denis. Le département le plus pauvre de France. C’est le cas à Clichy-sous-Bois (42% de taux de pauvreté), Aubervilliers (41%) ou encore Saint-Denis (37%). Des villes de province voient également leurs habitants souffrir d’un manque d’argent. À l’instar de Roubaix dans le Nord, où près de la moitié des habitants (43%) vit avec moins de 1.128 euros de revenu disponible par mois. Ce qui s’explique “en partie par le déclin industriel qu’a connu ce territoire, avec pour conséquences une forte augmentation du chômage et la paupérisation d’une partie de sa population déjà modeste”, détaille l’Observatoire des inégalités. Enfin, c’est aussi le cas d’une ville comme Creil dans l’Oise, où 38% des habitants sont en proie à de grandes difficultés financières.

Au sein de ces territoires urbains, les personnes pauvres vivent bien souvent dans l’un des 1.500 “quartiers prioritaires” de la ville. Le constat est net : la moitié des habitants de ces quartiers sont pauvres. Et le taux de pauvreté y est “3,5 fois plus élevé que dans le reste du pays”, pointe l’Observatoire des inégalités. Jusqu’à atteindre des proportions très inquiétantes : à Nîmes par exemple, dans le quartier Pissevin-Valdegour, 69% des habitants sont pauvres (données 2019). Même si les quartiers prioritaires concentrent les difficultés, il ne faut cependant pas oublier que “trois quarts des personnes pauvres habitent en dehors des quartiers prioritaires”, précise l’organisme. Par ailleurs, si la pauvreté est particulièrement forte dans les territoires urbains, elle existe aussi en milieu rural. Ainsi, plus de 6% des personnes qui vivent dans un territoire rural isolé sont pauvres en France.

* Équivalent du revenu disponible médian. Le revenu disponible correspond “au revenu à la disposition du ménage pour consommer et épargner”, selon l’Insee. Il est net des cotisations sociales et des impôts.

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