Mort de Dominique Lapierre, écrivain, philanthrope et amoureux de l’Inde

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Mort de Dominique Lapierre, écrivain, philanthrope et amoureux de l’Inde

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L’écrivain à succès Dominique Lapierre est mort de vieillesse à 91 ans, a fait savoir sa femme Dominique Conchon-Lapierre, dimanche 4 décembre 2022. Philanthrope et passionné par l’Inde, son nom restera lié à son « frère de plumes », l’Américain Larry Collins, avec qui il a vendu quelque 50 millions d’exemplaires de leurs six romans. 

Outre son profil d’auteur à succès ayant vendu des millions d’exemplaires de ses romans tirés de ses multiples voyages à travers le monde, Dominique Lapierre restera dans les mémoires pour sa générosité et sa philanthropie.  

Par exemple, après le succès de son livre La cité de la joie (1985), qui relate les conditions de vie dans un bidonville de Calcutta, il reversa une grande partie de ses royalties à « ces héros du tiers monde qui nous donnent tout parce qu’ils ont l’espérance, le courage, la capacité de partager avec plus pauvre qu’eux ». Une somme conséquente puisque le roman s’est écoulé à 12 millions d’exemplaires et fit l’objet d’un film, réalisé par le réalisateur britannique Roland Joffé en 1992.


En 2005, il assurait que, grâce à ses droits d’auteur, des dons de lecteurs et les gains de conférences prononcées dans le monde entier, son action humanitaire « avait permis de guérir en 24 ans un million de tuberculeux, soigner 9 000 enfants lépreux, construire 540 puits d’eau potable et armer quatre bateaux hôpitaux sur le delta du Gange ». « Ce n’est pas suffisant d’être un auteur de best-sellers, il faut se battre contre ces injustices que vous dénoncez dans vos livres », aimait à dire ce fils de diplomate et de journaliste.

Échange de bons mots avec Mère Teresa

La trajectoire de Dominique Lapierre restera étroitement liée à l’Inde, ce pays pour qui il aura un « coup de foudre » en 1981, et notamment pour une « vieille dame un peu ridée avec un sari bordé de bleu », Mère Teresa. À cette sainte, canonisée par le Pape François en 2016, l’écrivain lui offrit 50 000 dollars : « c’est une goutte d’eau dans l’océan ». Ce à quoi, son interlocutrice lui rétorqua : « sans elles, l’océan ne serait pas l’océan ». Il s’était aussi engagé auprès des habitants de Bhopal, empoisonnés après la terrible catastrophe industrielle de décembre 1984 qui avait fait entre 16 000 et 30 000 morts, et 500 000 blessés, plus de 300 000 malades, dont beaucoup sont handicapés.


Véritable idole dans l’État du Bengale occidental, il a reçu la médaille Padma Blushan des mains du gouvernement indien pour son action contre la pauvreté. Sa passion pour le pays-continent mènera à sa séparation temporaire avec son acolyte de toujours, l’écrivain américain Larry Collins. Ensemble, ils ont écrit six romans vendus à quelque 50 millions d’exemplaires. Parmi ceux-ci, Paris brûle-t-il, publié en 1964, fera lui aussi l’objet d’une adaptation au cinéma. Le réalisateur René Clément réunira autour de ce récit de la Libération de Paris, le 25 août 1944, un casting cinq étoiles avec Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Kirk Douglas, Yves Montand, Jean-Pierre Cassel… Les Américains Francis Ford Coppola et Gore Vidal avaient cosigné le scénario.

Quand Dominique rencontre Larry

Dominique a rencontré Larry quand les deux sillonnaient le monde en tant que grands reporters, passant de rivaux à amis. « Un jour, Larry m’a enfermé dans ma chambre d’hôtel à Bagdad, car à l’époque, je travaillais pour « Paris Match » et lui à « Newsweek ». Il a été le seul à photographier la révolution irakienne. Je me suis vengé en lui donnant un faux horaire pour un train qui partait de Djibouti à Addis Abeba et j’ai été le dernier à interviewer le Négus », expliquait en 2004 le romancier français sur le plateau tv de Tout le monde en parle.

Les deux compères étaient si proches qu’ils avaient acheté chacun une demeure à Ramatuelle, dans le sud de la France, seulement séparée d’un court de tennis. Le duo est désormais réuni et Dominique rejoint son « frère de plumes », Larry Collins, disparu en 2005. 

(Avec AFP)



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