G20 : l’Inde veut du concret et non de simples déclarations politiques

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G20 : l’Inde veut du concret et non de simples déclarations politiques

Publié le 1 déc. 2022 à 18:14Mis à jour le 1 déc. 2022 à 18:25

Pas moins de 200 réunions dans l’ensemble du pays ponctueront, cette année, la présidence indienne du G20 qui a démarré jeudi. Si le forum, à ce jour, souffre des tensions géopolitiques engendrées notamment par la guerre en Ukraine, il n’en reste pas moins le format le plus adapté pour répondre aux défis mondiaux actuels. « Dans le contexte actuel, ce n’est peut-être pas le plus idéal, mais il n’y a pas de meilleur forum international pour discuter de l’éventail complet des défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés », confirme l’ambassadeur indien en France, Jawed Ashraf.

Et ce n’est certainement pas les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui peuvent se substituer au G20 en dépit de la volonté de plusieurs pays de rejoindre le groupe. « Les BRICS ne sont pas une alternative. Le fait que le G20 ait pu se réunir durant la pandémie de Covid et le conflit en Ukraine prouve que chacun des pays qui le compose estime cette enceinte comme étant la plus représentative de la diversité du monde actuel », ajoute encore l’ambassadeur. Et l’Inde compte bien profiter de sa présidence pour mettre en avant ses idées.

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, dans une tribune publiée jeudi en France par l’Opinion, croit possible que le G20 puisse aller encore plus loin. Durant sa présidence, l’Inde compte bien s’appuyer sur son modèle pour faire avancer les dossiers. « Nous avons essayé de faire du développement national non pas un exercice de gouvernance descendante mais plutôt un ‘mouvement populaire’ dirigé par les citoyens », écrit-il. « Nous devons aller au-delà des simples déclarations politiques et élaborer des plans d’actions avec des résultats concrets », souligne Jawed Ashraf.

Changer de comportement pour le climat

Sur le plan de la lutte contre le dérèglement climatique et la sauvegarde de la biodiversité, New Dehli prône une approche différente. « Jusqu’ici, la réponse s’est voulue technologique, avec un accroissement de la production d’énergies vertes, par exemple. La plupart des efforts ont été faits par les gouvernements. Mais nous devons adapter notre mode de vie et les citoyens doivent changer leur comportement. C’est une nouvelle idée », explique l’ambassadeur. De même, l’Inde entend accélérer les efforts concernant les océans. « A ce jour, nous nous sommes trop concentrés sur la préservation des terres », regrette le diplomate indien.

Face au risque d’insécurité alimentaire et l’apparition de famine potentielle, l’ambassadeur est convaincu que des initiatives sont possibles. « Nous devons faire en sorte de transférer les surplus de production agricole vers les pays qui en ont besoin. Mais certainement pas en laissant les lois du marché agir seules. Les pays pauvres ne peuvent se permettre de payer les prix actuels. Un changement des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est sans doute nécessaire. » Sur ce point, le gouvernement indien estime possible d’avancer sur une large réforme de l’organisation dans la mesure où les pays du G20 en sont les membres les plus actifs.

L’Inde défend sa sécurité alimentaire

Interrogé sur les critiques à l’OMC concernant la politique de sécurité alimentaire de son pays et les restrictions à l’exportation de blé et de riz, Jawed Ashraf souligne d’abord que « l’Inde n’a jamais été un grand exportateur de céréales compte tenu de la taille de la population du pays. J’ajoute que cette année, nous n’avons jamais exporté autant. C’est un record historique ».

Surtout, face à la hausse de la demande qui a conduit à l’envol des prix, New Delhi aurait pu profiter de cette manne avec le risque de faire face, au niveau national, à des risques de pénuries. « Lorsqu’il y a eu une augmentation soudaine de la demande et une hausse des prix, nous ne voulions pas que cela aboutisse à une situation où certains auraient commencé à acheter sur le marché, à thésauriser et à exporter à des prix élevés de manière incontrôlée. Cela aurait pu entraîner des pénuries en Inde et n’aurait pas profité aux pays les plus pauvres. Nous restons prêts à les approvisionner à des taux préférentiels afin que leur population n’ait pas à payer des prix exorbitants. »

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