Emmanuel Macron et Olaf Scholz en pourparlers serrés alors que l’Allemagne exaspère l’UE | Politique | Nouvelles

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La chancelière allemande et le président français doivent se rencontrer à Berlin pour un dîner, ce soir, 3 septembre, pour discuter des récents développements liés à la guerre en Ukraine et l’européen énergie crise, a indiqué vendredi l’Elysée. Le président Macron devrait faire part de ses inquiétudes et de celles de ses alliés de l’UE concernant la décision du chancelier Scholz, qui a été dénoncée comme « égoïste », mais d’autres dirigeants de l’UE.

La plus grande économie d’Europe tente de faire face à la flambée des coûts du gaz et de l’électricité causée en grande partie par l’effondrement des approvisionnements en gaz russe vers l’Europe, que Moscou a imputé aux sanctions occidentales après son invasion de l’Ukraine en février.

M. Scholz a déclaré vendredi: « Les prix doivent baisser, donc le gouvernement fera tout ce qu’il peut. À cette fin, nous mettons en place un grand bouclier défensif. »

Selon les plans, qui dureront jusqu’au printemps 2024, le gouvernement introduira un frein d’urgence sur les prix de l’essence, dont les détails seront annoncés le mois prochain. Il supprime une taxe sur le gaz prévue pour aider les entreprises aux prises avec des prix élevés sur le marché au comptant.

Une baisse temporaire des prix de l’électricité subventionnera la consommation de base des consommateurs et des petites et moyennes entreprises.

Le paquet sera financé par de nouveaux emprunts cette année, car Berlin utilise la suspension d’une limite constitutionnellement inscrite sur la nouvelle dette de 0,35% du produit intérieur brut.

Le ministre des Finances, Christian Lindner, a déclaré qu’il souhaitait à nouveau respecter la limite l’année prochaine.

Cette décision a cependant été critiquée à Bruxelles, où le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, a appelé à une « réflexion urgente » sur les moyens de soutenir tous les États membres.

Il a déclaré : « Alors que l’Allemagne peut se permettre d’emprunter 200 milliards d’euros sur les marchés financiers, certains autres États membres de l’UE ne le peuvent pas.

« Nous devons réfléchir de toute urgence à la manière d’offrir aux États membres – qui n’ont pas cette marge de manœuvre budgétaire – la possibilité de soutenir leurs industries et leurs entreprises. »

En Italie, le Premier ministre sortant, Mario Draghi, a également adressé quelques mots de réprimande à la chancelière allemande.

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Il a déclaré: « La crise de l’énergie exige de l’Europe une réponse qui permette de réduire les coûts pour les familles et les entreprises, de limiter les gains exceptionnels réalisés par les producteurs et les importateurs, d’éviter des distorsions dangereuses et injustifiées du marché intérieur et de maintenir à nouveau l’Europe dans face à l’urgence. Face aux menaces communes de notre temps, nous ne pouvons pas nous diviser en fonction de la place dans nos budgets nationaux. Aux prochains Conseils européens, nous devons nous montrer compacts, déterminés, solidaires – tout comme nous l’avons été pour soutenir l’Ukraine. »

M. Draghi quittera son poste à la fin du mois après que Giorgia Meloni, leader des Frères d’Italie, a remporté les dernières élections législatives à la tête d’une coalition de droite.

Le co-fondateur de Brothers of Italy, Guido Crosetto, a déclaré que la décision de M. Scholz avait surpris M. Draghi, qualifiant cette décision d ‘ »égoïste ».

Il a fustigé : « C’est un acte d’égoïsme incompréhensible qui risque de porter un coup dur à notre système de production. Nos entreprises, à qualité égale, ne sont pas en mesure de concurrencer les filiales.

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« C’est une décision très lourde qui peut mettre notre système de production hors-jeu. Car les Italiens vont devoir payer des factures très chères, tandis que les Allemands vont les remettre à leur gouvernement.

« On peut dire que, au moins au cours des cinq dernières années, il n’y a jamais eu un geste aussi perturbateur de la part d’un exécutif souverain en Europe que celui de Berlin.

« Draghi ne s’y attendait pas ou n’espérait pas que le bon sens finirait par l’emporter. Et il s’est plutôt retrouvé en difficulté, abandonné par Berlin sur la route du plafonnement des prix européens.

« Voilà ses mots pleins de déception, son ‘non aux distorsions’, l’insistance sur la nécessité de garder l’Europe unie. La même Europe qui au contraire flotte ici et là. »

Lors d’une réunion à Bruxelles vendredi, les ministres des 27 États membres de l’UE ont approuvé des prélèvements sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques pour tenter de contenir une flambée des prix de l’énergie aggravée par la guerre de la Russie contre l’Ukraine, mais n’étaient pas d’accord sur l’opportunité et la manière de plafonner les prix du gaz.

L’Allemagne est l’un des principaux opposants à un prix plafond du gaz russe.



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