le Minat Atanga Nji promet d’aider le CNC à faire appliquer ses sanctions

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Joseph Chebonkeng Kalabubse, le président du Conseil national de la Communication (CNC), était vendredi 12 août dernier chez le ministre de l’Administration territoriale (Minat). Au cours de l’audience que lui a accordée le Minat, Paul Atanga Nji, le président du CNC a demandé le soutien de cette administration pour faire respecter les sanctions que l’instance qu’il dirige prend contre des médias et des journalistes. « Nous avons eu le temps de discuter avec le Minat sur les décisions que nous avons prises depuis que nous sommes à la tête du CNC, et la réaction de la presse en général et certains médias en particulier. Les journalistes doivent se rappeler du contrat social qu’ils ont avec le public et des responsabilités morales qui sont les leurs », a expliqué Joseph Chebonkeng Kalabubse.
Depuis le lancement de ses activités en 2011, le CNC fait en effet face à la défiance des médias et des journalistes. À plusieurs reprises, les sanctions que cet organe de régulation prend à l’encontre des médias et des médias et des journalistes sont challengées par ces derniers. Ainsi, des journalistes suspendus pour plusieurs mois continuent souvent d’exercer. Idem pour des médias qui continuent de diffuser bien qu’étant sous suspension du CNC.
Le Minat s’est montré réceptif à cette demande du CNC. Le ministre Paul Atanga Nji a ainsi promis de mettre la préfectorale à contribution pour faire respecter ces sanctions. « L’autorité administrative, qui est investie du pouvoir de la contrainte légitime, doit logiquement accompagner le CNC dans l’exécution des décisions prises », a-t-il déclaré. Le Minat a, par la même occasion, menacé : « c’est pour cette raison que je voudrais être très clair : les médias qui ne voudront plus, et qui ne veulent pas appliquer les sanctions du CNC vont se heurter à la fermeté de la loi. Dès ce jour, je vais donner des instructions aux gouverneurs, préfets et sous-préfets d’accompagner le CNC dans l’exécution des décisions prises. Nous allons le faire sans la moindre complaisance. Les contrevenants n’ont qu’à bien se tenir ».
Mais pour Christophe Bobiokono, directeur de publication et ancien membre du CNC, « il s’agit d’une intrusion du Minat dans un domaine qui ne le concerne pas ». Il poursuit, « le législateur n’a pas placé le Minat dans la position de celui qui doit rendre justice », en matière de communication sociale. En effet, d’après la loi de 1990 sur la communication sociale, les tribunaux sont les seules voies de recours en cas de contestation d’une sanction prise par le CNC. Pour Christophe Bobiokono, le Minat n’est compétent que lorsque le contenu d’un média présente un risque de trouble à l’ordre public.
En rappel, le CNC a été créé en 1990, mais n’a été rendu opérationnel qu’en 2011. Il est composé de 9 membres, dont un président et un vice-président nommés par décret du président de la République et peut prendre les mesures disciplinaires suivantes : L’avertissement, la suspension temporaire d’activités, l’interdiction définitive d’activités.
L.A.

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