En RDC, Marcelline Budza s’illustre dans la culture du café

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(Agence Ecofin) – Elevée par une mère vendeuse de café, Marcelline Budza a été témoin de l’injustice subie par les femmes impliquées dans cette filière agricole sur l’île d’Idjwi. Elle a fondé Rebuild Women’s Hope, et ses actions en faveur de l’autonomisation des femmes rurales lui ont valu des reconnaissances internationales.

Située sur la grande île d’Idjwi (lac Kivu) à l’est de la République démocratique du Congo, la coopérative Rebuild Women’s Hope s’est spécialisée dans la production de café. Axée sur l’autonomisation des personnes défavorisées, l’entreprise compte des milliers de membres, les femmes caféicultrices étant majoritaires. Après la cueillette, les baies sont lavées et triées. Elles sont ensuite fermentées et séchées pour obtenir les grains de café, qui seront conditionnés pour l’exportation. Pendant la haute saison, RWH emploie au moins 12 000 personnes pour assurer la récolte.

Marcelline Budza (à droite sur la photo), la promotrice, a grandi à Bukavu sur la rive sud du lac Kivu, pendant une des périodes de conflits. Inspirée par la résilience de sa mère qui a élevé seule 4 filles avec l’argent qu’elle gagnait en vendant du café et des ananas, la trentenaire s’est donné pour mission de changer la situation des femmes rurales. Après avoir étudié l’agronomie à l’Université évangélique d’Afrique, elle a fondé Rebuild Women’s Hope en 2013.

Dans l’île d’Idjwi réputée pour ses conditions idéales au café Arabica, les femmes ont toujours joué un rôle central dans la culture du café, même si leur travail a très souvent été sous-évalué en matière de vente et de décisions commerciales.

« A RWH, les femmes sont au centre de la prise de décision. Nous nous efforçons de créer un esprit d’entreprise et d’autogestion parmi nos membres féminins afin d’améliorer le niveau de vie de nos communautés. Nous sommes convaincus qu’une communauté où les femmes sont autonomes est une communauté prospère », a-t-elle rappelé.

Les efforts de Marcelline Budza pour l’amélioration des conditions de vie des femmes de l’île ont été reconnus à l’international. Entre 2017 et 2020, elle a été honorée par de nombreux prix parmi lesquels le Robert Burns Humanitarian Award, le French Republic Human Rights Prize, l’University of Oslo Human Rights Award et le Public Peace Prize.

RWH produit entre 6 et 10 conteneurs de café par récolte, chacun avec 19 tonnes de café. La fondatrice ambitionne d’atteindre les 20 conteneurs. Le café provient des champs de l’entreprise, mais aussi d’un certain nombre de petits producteurs. A ce jour, elle exporte aux États-Unis, en Europe et en Asie.

« Pour l’avenir, nous prévoyons de construire deux autres stations de lavage de café en 2021, et de faire certifier notre café par le commerce équitable et biologique à temps pour la récolte de 2022 », a-t-elle ajouté. 

Aïsha Moyouzame

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