vers des réserves de change records dopées par le pétrole en 2022 – Jeune Afrique

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Selon l’agence de notation Fitch Ratings, les ressources en devises étrangères du pays devraient tripler cette année, portées notamment par la hausse des revenus pétroliers. La dette du Congo présente toutefois un risque de défaut.

Dans un récent rapport, les analystes de Fitch Ratings ont revu substantiellement à la hausse leurs estimations des rentrées financières du gouvernement congolais au cours des prochains mois. L’agence internationale table désormais sur un cours moyen de 100 dollars le baril de brut en 2022 et de 80 dollars le baril en 2023, alors que le conflit en Ukraine a porté les cours de l’or noir à ses plus hauts niveaux depuis 2015. En juin 2021, Fitch n’anticipait qu’un cours de 53 dollars le baril de brut.

L’agence anticipe par conséquent un net renforcement de la situation financière extérieure du Congo-Brazzaville. « La liquidité extérieure du Congo devrait s’améliorer sensiblement, les réserves internationales brutes devant passer de 1,0 milliard de dollars US en 2021 à 3,2 milliards de dollars en 2022, puis diminuer légèrement pour atteindre 2,9 milliards de dollars en 2023, soit l’équivalent de 4,1 et 3,9 mois de paiements extérieurs courants, respectivement », estiment les analystes de Fitch.

Une avance de quatre ans sur le calendrier du FMI

Début février, les équipes du FMI estimaient les réserves brutes de change de Brazzaville à 788 milliards de F CFA (1,36 milliard de dollars au 31 décembre 2021). Et n’anticipaient qu’une croissance progressive jusqu’à un niveau de 1 492 milliards de F CFA seulement à l’horizon 2026.

Une amélioration due pour l’essentiel à la hausse des revenus tirés du pétrole, l’institution financière prévoit que « les recettes pétrolières de l’État augmenteront de 74 % en 2022, ce qui entraînera une hausse de 50 % des recettes publiques totales (subventions comprises) ». La production pétrolière, en recul depuis plusieurs années, devrait également repartir à la hausse (+0,9 % en 2022, après des baisses de 8,6 % et de 2,7 % en 2020 et 2021 respectivement, selon les calculs de Fitch).

Évolution du cours du baril de Brent (pétrole), en dollars US. © www.boursorama.com

Évolution du cours du baril de Brent (pétrole), en dollars US. © www.boursorama.com

Renégociation de la dette

Ces bonnes perspectives devraient continuer d’améliorer les relations de Brazzaville avec ses créanciers. À la suite du net recul des prix du pétrole à partir de 2015, le pays a enregistré deux défauts de paiement sur son eurobond de 478 millions de dollars émis en 2007 et qui arrive à maturité en 2029. De tels épisodes ont des effets sévères sur le coût d’endettement du pays, mais également des institutions privées établies sur son territoire.

Après d’âpres négociations, le gouvernement congolais est parvenu à renégocier sa dette envers les traders pétroliers Trafigura et Glencore. Le pays a également bouclé un programme triennal de financement avec le FMI, d’une valeur de 456 millions de dollars, soumis à un examen périodique de l’avancée de plusieurs réformes économiques et de gouvernance. Dans son rapport, Fitch estime que « la réalisation des critères de performance quantitatifs du programme en 2022 sera probablement facilitée par la forte hausse des recettes pétrolières ». Ce qui permettra, entre autres, de « débloquer des prêts multilatéraux supplémentaires à des conditions concessionnelles ».

Fitch anticipe un recul du ratio dette publique/PIB de 88,5 % en 2021 à 64,3 % en 2023, ainsi que des excédents de trésorerie de 2,5 % du PIB en 2022 et de 0,6 % en 2023, contre 1,0% du PIB en 2021, « grâce à la hausse des prix du pétrole ».

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