Oumar Mariko convoqué après accusé l’armée d’« assassiner des gens » à Moura – Jeune Afrique

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L’opposant Oumar Mariko a été convoqué par les autorités après avoir critiqué la junte dirigée par Assimi Goïta et suggéré que l’armée s’était rendue coupable de tueries « inacceptables ».

Un membre de la famille de l’homme politique et un responsable de la sécurité ont déclaré lundi qu’Oumar Mariko avait reçu une convocation pour se présenter à la gendarmerie mardi matin. Son parti, Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi, à gauche), a par ailleurs affirmé dans un communiqué que des hommes armés étaient allés à son domicile dimanche et, ne l’y ayant pas trouvé, « ils ont encerclé son domicile et attendent son arrivée pour procéder à son enlèvement ».

« Dérives autocratiques »

La formation politique a dénoncé « les intimidations et les menaces du pouvoir » et a assuré prendre « l’opinion nationale et internationale à témoin sur les dérives autocratiques du régime de la transition ». Lors d’une réunion publique, Oumar Mariko a laissé entendre que l’armée était venue « assassiner des gens » à Moura, dans le centre du pays.

Selon une vidéo d’un extrait de ce discours, Oumar Mariko a listé plusieurs tueries récentes au Mali et les a jugées « inacceptables », y compris celle survenue la semaine dernière à Moura. « Lorsqu’un peuple ne se sent pas libre chez soi, quand un peuple ne se sent pas maître de son destin, une révolution est à faire », a encore lancé Mariko.

Condamnations internationales

L’armée malienne a annoncé vendredi 1er avril avoir tué « 203 combattants » de « groupes armés terroristes » lors d’une opération dans une zone sahélienne menée du 23 au 31 mars. Cette annonce a été suivie d’une vague de condamnations, de la France aux États-Unis en passant par les Nations unies, sur de possibles « exactions » de soldats maliens et de mercenaires russes.

Le Mali est gouverné par une junte dirigée par le colonel Assimi Goïta depuis un coup d’État militaire, en août 2020. La junte a promis de rétablir un régime civil après le putsch mais elle est sous le coup de sanctions de la Cedeao, l’organisation régionale de l’Afrique de l’Ouest, pour avoir ignoré un engagement antérieur d’organiser des élections en février cette année. Des pans entiers du pays échappent au contrôle du gouvernement sous la pression de groupes jihadistes depuis 2012, entraînant un conflit qui s’est depuis étendu au Burkina Faso et au Niger voisins.

Avec AFP

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