à Gafsa, la crise sans fin du phosphate – Jeune Afrique

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Lutte contre la corruption, fort taux de chômage dans la région, lenteurs administratives et vieillissement des mines expliquent les difficultés à faire repartir les activités des deux sociétés publiques locales, qui connaissent des blocages sociaux depuis onze ans.

L’espoir aura duré huit mois. Le 25 juillet 2021, le président de la République, Kaïs Saïed, gèle les travaux du parlement et promet de s’attaquer à la corruption. Les Tunisiens jubilent, au point qu’à 400 km au sud de la capitale, les habitants du gouvernorat de Gafsa lèvent leurs nombreux blocages sociaux qui, depuis onze ans, paralysent les activités des sociétés publiques locales, la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et le Groupe chimique tunisien (GCT).

La production moyenne de la CPG passe de 120 000 tonnes au deuxième trimestre 2021 à 400 000 tonnes au troisième trimestre. Résultat, à la fin de l’année, la production annuelle atteint 3,8 millions de tonnes de phosphates, en hausse de 22 % par rapport à 2020. La réhabilitation des lignes ferroviaires permet enfin à la CPG d’accéder librement au stock de 2 millions de tonnes de phosphates entreposés à Moularès. Le GCT, qui appartient à la holding de la CPG, assure alors pouvoir approvisionner sans retard ses clients jusqu’en février 2022, avec à la clé une hausse de l’activité de 20 %.

Nouveaux blocages

Mais depuis mars, retour à la case départ. « Les blocages ont refait leur apparition. Aujourd’hui même [le 2 mars], les chargements de phosphates à Metlaoui sont bloqués par des agriculteurs qui protestent contre le prix du fourrage ! Cette année, la production sera inférieure à celle de 2021 », pointe, désabusé, l’expert en minerais Abdelhamid Amri, venu sur place faire des formations aux employés de la Compagnie des phosphates de Gafsa.

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