L’Ougandaise Divine Nabaweesi fabrique un combustible de cuisson écolo à partir de bambou

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(Agence Ecofin) – L’utilisation du bois de chauffe et du charbon de bois est encore très répandue en Ouganda, aggravant le problème de la déforestation. Comme alternative, l’entrepreneure Divine Nabaweesi propose un combustible de cuisson propre obtenu à partir du bambou.

Divine Bamboo, entreprise du domaine des énergies de biomasse en Ouganda, produit des briquettes de combustible à partir de bambou. C’est dans les localités de Najjera et Degeya, respectivement situées dans les districts de Wakiso et Luwero, que l’entreprise a établi ses pépinières de bambou avec une capacité de 200 000 plants par an. Le processus de production des briquettes commence par la récolte. Par la suite, il est séché, coupé en petits morceaux avant d’être placé dans un carbonisateur. Le charbon obtenu est mélangé avec un liant pour obtenir les briquettes fabriquées dans une extrudeuse.

A l’origine de ce projet, Divine Nabaweesi. Diplômée en travail social et en administration sociale de l’Université de Makerere, elle s’est tournée vers l’entrepreneuriat avec pour volonté de mettre fin à la déforestation en Ouganda par la promotion du bambou local comme combustible de cuisson propre. En 2016, elle crée Divine Bamboo, et deux ans après son lancement, l’entreprise devient l’un des plus gros producteurs de plants de bambou en Ouganda. Elle entend faire de cette plante à la croissance rapide et qui absorbe une grande quantité de dioxyde de carbone, une alternative à l’utilisation du bois de chauffe.

Dans le pays, une grande partie de la population utilise essentiellement du bois de chauffe et du charbon de bois pour les besoins quotidiens de la cuisine. L’utilisation excessive de ce bois est l’une des causes de la déforestation. D’après la Banque Mondiale, le taux de diminution de la couverture forestière s’élève à 2,6% par an en Ouganda, l’un des plus élevés au monde. La population étant fortement dépendante du bois, Divine Nabaweesi estime qu’à défaut d’interdire son utilisation, la solution serait de l’orienter progressivement vers une meilleure alternative comme le bambou.

En cinq années, elle a réussi à impliquer Divine Bambou dans l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la production de plants jusqu’à la fabrication de briquettes, en passant par la formation des agriculteurs et des groupes de femmes rurales. Chaque kilogramme de briquette se vend à 0,28 dollars, 40% moins cher que le charbon de bois local. A ce jour, l’entreprise emploie 17 personnes à temps plein et plus de 50 travailleurs saisonniers.

Si le bambou est utilisé en artisanat, en architecture, pour les supports agricoles et les meubles, l’entrepreneure fait encore face à une certaine réticence vis-à-vis de sa solution et au manque de soutien financier de l’Etat. « Au fil des années, les choses s’améliorent. Il a fallu beaucoup de recherche et de développement, mais nous y arrivons », rassure-t-elle.

L’entreprise peut compter sur les investissements étrangers, et a récemment obtenu un financement de 25 000 dollars du Fonds néerlandais pour le climat et le développement (DFCD). Il a notamment permis à Divine Bamboo d’établir le potentiel de ce marché et d’ouvrir la voie à de nouveaux financements. 

Aïsha Moyouzame

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