Fernand Ngoussi Mayangah : « A travers notre site web dette.ga., nous allons informer sur nos différents appels publics à l’épargne en 2022 »

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[Digital Business Africa] –  Le Gabon en mode séduction des acteurs de la finance et de l’économie camerounaise. Une équipe de la Direction générale de la dette du Gabon conduite par Fernand Ngoussi Mayangah, son directeur général, a tenu une séance de travail à l’hôtel Akwa Palace de Douala avec investisseurs camerounais, ce 16 février 2022.

Le DG était accompagné de Guy Nazaire Samba, Inspecteur vérificateur à la Direction générale de la comptabilité publique et du trésor et de Georgette Vanessa Oko Z’Eyang, le chef de service monnaie et crédit à la Direction générale de la comptabilité publique et du trésor.

Ils ont présenté les ambitions du Gabon en termes de levée de fonds et notamment d’ Obligations du Trésor Assimilables  pour l’année 2022. Digital Business Africa a donné la parole à Fernand Ngoussi Mayangah qui donne des précisions sur la stratégie du Gabon et sur les mécanismes d’information et de communication des souscripteurs et des Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT).

Digital Business Africa : Pour le compte de l’exercice 2022, vous sollicitez le marché pour un volume de 350 milliards dont un minimum, de 100 milliards par appel public à l’épargne. Quelle est votre pratique en matière de consultation de la place financière pour la sélection des partenaires devant accompagner l’État du Gabon dans le cas de l’appel public à l’épargne ?

Fernand Ngoussi Mayangah : Effectivement, dans la loi des finances 2022, nous avons une instruction de lever 350 milliards de francs CFA. 250 milliards de francs CFA en Obligations du Trésor Assimilables (OTA) et 100 milliards de francs CFA en Appel public à l’épargne (APE). Le moment venu, les syndicats, arrangeurs et autres auront les conditions de participation. Nous allons communiquer. Peut-être le milieu ne s’y prête pas. Nous ne pouvons vous dire dans la salle quelle sont les conditions. Mais vous recevrez l’information à temps.

Digital Business Africa : Comment entendez-vous donner ces informations à vos partenaires et aux souscripteurs ?

Fernand Ngoussi Mayangah : Il y a déjà des rencontres comme celle-ci à Douala. Mais, nous allons également donner ces informations à travers notre site web dette.ga. C’est vrai que notre site web n’est pas à jour, mais en ce moment nos équipes ont en train de travailler pour mettre au point ce site web. Il reste néanmoins disponible et nous allons communiquer à travers ce site web. Tout comme nous avons également d’autres canaux de communications électroniques comme les courriels.

Digital Business Africa : L’on a vu la comparaison faite des taux de rentabilité des appels publics à l’épargne au Cameroun, au Congo et au Gabon. Le Gabon fait partie des pays ayant les taux les plus élevés. Comment expliquez-vous cela ? Est-ce parce que la signature du Gabon n’est pas assez crédible et qu’il y a moins de confiance au Gabon ?

Fernand Ngoussi Mayangah : Je ne crois pas que ce soit un problème de confiance. Si c’était le cas, cela s’expliquerait par des défauts de paiement. Mais, dans la sous-région, le Gabon est l’un des rares pays qui n’a jamais eu de défaut de paiement. Que ce soit sur le plan régional ou sous-régional.

D’ailleurs, en 2021, nous avons levé 474 milliards de francs CFA dans la sous-région. Nous n’étions pas partis pour lever 474 milliards de francs CFA, mais nous l’avons fait parce que le marché a répondu favorablement à nos sollicitations. Et également, en terme de remboursement, nous avons respecté toutes les échéances. La signature du Gabon est toujours valable et crédible. Il faut que je regarde de près pour vous expliquer pourquoi les taux sont les plus élevés au Gabon.

Digital Business Africa : Qu’est-ce qui garantit que les fonds levés seront destinés à la réalisation des projets et non destinés à l’organisation de l’élection présidentielle par exemple comme évoqué par quelqu’un dans la salle ?

Fernand Ngoussi Mayangah : Quand nous faisons l’appel public à l’épargne, un montant est destiné à l’investissement. L’une des répartitions faite attribue 40% à l’investissement. Non, on n’emprunte pas pour financer les campagnes présidentielles. Cela peut arriver quand ce sont des appuis budgétaires où nous recevons du cashflow. Comme avec le FMI. Encore que même avec le FMI il y a un mécanisme qui s’assure de la bonne utilisation des fonds. Ils font tout afin qu’on ne nous accorde pas ces facilités quand on est proche des élections présidentielles au risque que cet argent soit utilisé pour des campagnes. L’élection présidentielle c’est en 2023. Ce qu’on lance en 2022, ce sont des prêts-projets. Destinés au financement des routes, des infrastructures et projets prévus dans le plan d’actions du gouvernement.

Digital Business Africa : Quel est l’apport du Cameroun dans les précédents appels publics à l’épargne que vous avez lancés ?

Fernand Ngoussi Mayangah : La place camerounaise est très importante pour le Gabon. Si on regarde les chiffres, on se rend compte que les Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) du Cameroun ont apporté beaucoup plus que les SVT locales du Gabon. Le Cameroun joue donc un rôle très important. D’où notre séance de travail au Cameroun. Parce qu’il faut qu’on encourage ceux qui apportent plus non seulement pour l’économie du Gabon, mais également pour l’économie de la sous-région. Et les leaders, sans se cacher, ce sont les Camerounais.  

Sur les 18 SVT que nous avons au Gabon, le Cameroun à lui seul représente sept SVT sur les 18. Donc, un peu plus de 40%. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous sommes présents à Douala et nous avons également une participation très active de ces SVT sur nos différentes émissions. Quand on a un partenaire qui nous accompagne le long de l’année, nous ne pouvons que revenir le voir pour demander quelles sont ses attentes et améliorer notre collaboration.

Propos recueillis par Beaugas Orain DJOYUM

Plus savoir sur les OTA, BTA et SVT

« Les titres émis sur ce marché sont dématérialisés et assimilables. Il s’agit des Bons du Trésor Assimilables (BTA) et des Obligations du Trésor Assimilables (OTA) dont les caractéristiques se déclinent comme suit :

  • les OTA, émises pour des durées supérieures ou égales à deux ans, pour une valeur nominale de 10 000 francs CFA et dont les intérêts sont payables annuellement.
  • les BTA, émis pour des durées de 13, 26 et 52 semaines, dont la valeur nominale est fixée à 1 million de francs CFA et dont les intérêts sont précomptés ;

NB : ces titres sont directement admis comme collatéral au refinancement de la BEAC.

Acteurs du marché et leur rôle

Les principaux acteurs animant le marché des titres publics sont :

  • les six Trésors nationaux, comme émetteurs ;
  • les Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) qui sont les établissements de crédit agréés, comme teneurs du marché ;
  • les Directions Nationales de la BEAC, en charge de l’organisation matérielle des adjudications ;
  • les investisseurs : personnes physiques et morales résidentes et non résidentes ;
  • la CRCT, en qualité de Dépositaire Central et en charge de la codification, de la conservation, de l’administration des titres et du règlement/livraison.

Segmentation du marché

A l’instar des autres marchés, le marché des titres publics émis par adjudication de la CEMAC comprend deux compartiments :

  • un marché secondaire où s’échangent les titres après leur émission. Sur ce compartiment, les SVT sont tenus d’afficher à leurs guichets les cours d’achat et de vente des valeurs du Trésor, et de vendre ou d’acheter aux prix affichés, à la demande de tout investisseur potentiel, conformément à la réglementation.
  • un marché primaire où sont placés les titres publics nouvellement émis. Il est réservé exclusivement aux Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT). En contrepartie, ces derniers ont l’obligation de placer tout ou partie des acquis auprès de leur clientèle. Les émissions de titres s’effectuent par voie d’adjudication, organisée par la BEAC ;

Les émissions se font par voie d’adjudication selon un calendrier bien défini par chaque Trésor national :

  • les BTA avec une fréquence hebdomadaire;
  • les OTA avec une fréquence mensuelle.

Source : Béac

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