Denis Sassou Nguesso, Ali Bongo Ondimba et Félix Tshisekedi peuvent-ils sauver le dernier poumon du monde ? – Jeune Afrique

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Premier réservoir de carbone de la planète, la forêt du Bassin du Congo est vitale dans la lutte contre le dérèglement climatique. Elle est aussi attaquée de toutes parts et, malgré l’urgence, les financements manquent pour mener les actions nécessaires à sa sauvegarde. Les chefs d’État de la région sont-ils en capacité d’agir ? La réponse en infographies.

Joyau de la biodiversité mondiale, la forêt du Bassin Congo, qui s’étend sur six pays africains, est encore le parent pauvre sur la carte du financement de la protection de l’environnement. Entre 2008 et 2017, cette région n’a reçu que 11 % des financements climatiques destinés à la protection des forêts des zones tropicales. Le reste est attribué à l’Amazonie et aux forêts d’Asie du Sud, dont la destruction concentre l’attention médiatique.

Pression démographique et industries

Jusqu’ici relativement préservé par les effets de la déforestation massive, le bassin Congo est pourtant en passe de connaître le même sort. D’un côté, la pression démographique s’accroît, poussant les populations à grignoter la forêt et ses ressources pour (sur)vivre. De l’autre, les industries forestière, minières, pétrolières et agroalimentaires profitent des trous béants dans les législations nationales, de l’absence de contrôle dans certaines régions et de l’opacité de l’attribution des marchés publics dans d’autres pour gagner chaque jour un peu plus de terrain.

Afin d’inverser la tendance, les chefs d’État d’Afrique centrale ont mis progressivement en place différentes stratégies de protection et de valorisation de cet écosystème unique. Engagé sur ce front depuis 1990, le Gabon a ainsi obtenu un financement de 150 millions de dollars sur dix ans dans le cadre de l’Initiative pour la forêt d’Afrique centrale (Cafi).

Belles promesses

Mais le constat est partagé par tous : les financements manquent cruellement, tout comme les connaissances. Seule une infime partie du bassin du Congo est aujourd’hui précisément cartographiée. Au point qu’il a fallu attendre 2017 pour que des chercheurs – britanniques – découvrent qu’il abrite la plus grande tourbière tropicale du monde, capable de capter en carbone l’équivalent de 20 ans d’émissions de combustibles fossiles aux États-Unis.

Lors de la COP 26, qui s’est tenue en novembre dernier à Glasgow, Ali Bongo, Félix Tshisekedi et Denis Sassou Nguesso ont lancé un appel à la solidarité. Mais s’ils ont obtenu d’importants engagements, sur le front des financements notamment, les belles promesses de la communauté internationale restent encore insuffisantes pour répondre à l’ampleur des moyens nécessaires à la préservation de ce qui constitue, pourtant, l’un des leviers cruciaux dans la lutte contre le dérèglement climatique.

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