« Les sanctions servent à quelque chose » – Jeune Afrique

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Après le putsch du lieutenant-colonel Damiba, la Cedeao s’est réunie en urgence ce vendredi et a décidé de premières sanctions contre le Burkina Faso. Le président de sa commission s’en explique. Et défend les décisions prises à l’encontre des régimes militaires de la région.

Après le Mali et la Guinée, le Burkina Faso est le troisième pays de la Cedeao à connaître un coup d’État militaire en moins de deux ans. Ce vendredi, les chefs d’États de la région se sont concertés en urgence pour évoquer la situation à Ouagadougou et ont annoncé une suspension du Burkina Faso de leurs instances. Une décision qui n’est qu’une première étape dans la réponse de l’organisation sous-régionale au Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) dirigé par Paul-Henri Sandaogo Damiba.

Quelques heures après cette décision, Jean-Claude Kouassi Brou, le président de la commission de la Cedeao, s’en explique dans Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Quelle a été la première réaction de la Cedeao face au putsch militaire qui a conduit à la chute de Roch Marc Christian Kaboré, le 24 janvier ? 

Jean-Claude Kouassi Brou : Un putsch est toujours un recul de la démocratie, qu’il se déroule dans un pays de la Cedeao ou ailleurs. Il était donc normal que les chefs d’États de la région se réunissent en urgence pour examiner la situation du Burkina Faso.

Le protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance de la Cedeao, qui a été signé par le Burkina Faso, dit clairement que toute prise de pouvoir doit se faire par les urnes, à travers des élections libres, crédibles et transparentes. Il indique également que l’armée doit rester républicaine et apolitique.

La solution n’est pas un coup d’État, ce n’est pas un régime militaire. Cela ne fait que compliquer la situation.

Lorsque ces principes sont violés, des sanctions sont prises. En l’occurrence, les chefs d’États ont décidé de condamner le Burkina Faso et de le suspendre des instances de la Cedeao.

Ces sanctions semblent assez légères si on les comparent à celles prises à l’encontre du Mali par exemple…

Nos sanctions sont toujours progressives. Nous allons désormais essayer de comprendre les intentions des nouvelles autorités burkinabè. Pour cela, les chefs d’États de la Cedeao ont décidé d’envoyer deux missions à Ouagadougou.

Ce samedi, des chefs d’états-majors vont aller rencontrer les représentants du MPSR. Puis lundi, une mission politique sera conduite par Shirley Ayorkor Botchwey, la ministre des Affaires étrangères du Ghana. Leurs observations nous serviront lors du prochain sommet extraordinaire des chefs d’États, qui aura lieu dès la semaine prochaine, le 3 février.

Un médiateur sera-t-il désigné ?

Cela n’a pas été tranché. Nous ne nommons pas de médiateur dans tous les pays, tout dépend de la particularité de la situation. C’est pour cela que ces deux missions sont très importantes.

Dans sa première allocution, le chef de la junte, Paul-Henri Sandaogo Damiba a lancé un appel à la communauté internationale et assuré que le Burkina respecterait ses engagements. La Cedeao l’a-t-elle entendu ?

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