Afrique du Sud : l’arrestation de l’ancien président Jacob Zuma bouleverse le climat social

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Afrique du Sud : les rassemblements de soutien à Jacob Zuma dégénèrent en contestations sociales

Afrique du Sud : les rassemblements de soutien à Jacob Zuma dégénèrent en contestations sociales

 Selon la police sud-africaine, 62 personnes ont été arrêtées depuis ce vendredi. Ils sont suspectés d’avoir participé aux scènes de pillage et de violence sporadiques qui secouent le pays, depuis l’arrestation de l’ancien président Jacob Zuma.

En Afrique du Sud, les manifestations déclenchées par l’arrestation il y a quelques jours de l’ancien président Jacob Zuma semblent avoir pris une nouvelle tournure. Cinq jours après que l’ancien dirigeant se soit constitué prisonnier, des violences continuent de secouer les rues du pays.

Plusieurs médias locaux ont rapporté des scènes de violence sporadiques avec des incendies, des pillages, des pneus brûlés ou des routes coupées par des individus. Ces scènes ont d’abord éclaté dans le Kwazulu-Natal, après l’incarcération de l’ex-président Jacob Zuma le mercredi 7 juillet, puis se sont étendues à Johannesburg. Le vendredi 9 juillet, la route nationale reliant Durban à Johannesburg avait par exemple été bloquée par des manifestants.

Selon plusieurs observateurs, si le mouvement a bien été déclenché en réaction à l’arrestation de M. Zuma, son intensification depuis quelques jours indique qu’il a dépassé le simple cadre du soutien à l’ex-chef d’Etat. D’après les analystes, les débordements enregistrés ces derniers jours trouvent également leurs sources dans les difficultés socio-économiques que traverse le pays.

En crise depuis quelques années déjà, l’économie sud-africaine a subi les effets de la pandémie de covid-19 ; ce qui a entraîné une récession de 7% du PIB l’année dernière. En raison des restrictions mises en place pour ralentir la propagation du virus, de nombreux Sud-Africains ont perdu leurs emplois. Cela a entraîné une hausse du taux de chômage à un chiffre record de 32,6% au cours du premier trimestre 2021, malgré les aides sociales apportées par l’Etat aux plus pauvres.

Dimanche soir, dans son discours, le président Cyril Ramaphosa a condamné la flambée des violences. « Des infrastructures clés telles que les routes nationales ont été affectées, ralentissant le transport des biens et des services qui permettent à notre économie de fonctionner. Des propriétés ont été détruites. Des voitures ont subi des jets de pierre. Des gens ont été intimidés et menacés, et certains ont même été blessés. Ces actes mettent des vies en danger et nuisent à nos efforts pour reconstruire l’économie », a-t-il affirmé.

Et d’ajouter : « notre Constitution garantit à chacun le droit de s’exprimer et de manifester pacifiquement. Bien qu’il y ait des gens qui se sentent blessés et en colère en ce moment, il ne saurait jamais y avoir une quelconque justification pour de telles actions violentes, destructrices et perturbatrices ». Selon la police, 62 personnes ont été arrêtées depuis le début des violences.

Ce 12 juillet, la Cour constitutionnelle doit réexaminer la sentence prononcée contre Jacob Zuma condamné à 15 mois de prison pour outrage à la justice. Ce réexamen dont la décision finale est fortement attendue par ses partisans qui dénoncent une instrumentalisation de la justice pourrait avoir un impact sur les manifestations qui secouent actuellement la nation arc-en-ciel.

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