« À la place de Mechichi, j’aurais démissionné »  – Jeune Afrique

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Depuis qu’il a pris la tête de Afek Tounes il y a six mois, l’homme d’affaires Fadhel Abdelkefi tente d’imposer sa formation parmi les partis centristes.


À cinquante ans, le financier Fadhel Abdelkefi préside le parti Afek Tounes depuis décembre 2020. Le poste était resté vacant durant une dizaine de mois, à la suite de la démission de Yassine Brahim après son échec aux élections législatives de 2019.

Après une carrière dans les affaires (au sein de la holding Integra Partners et de son intermédiaire en bourse Tunisie Valeurs, puis comme président du conseil d’administration de la Bourse de Tunis de 2011 à 2014), il a mis le pied dans la haute fonction publique.

Il a ainsi été ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale mais aussi ministre des Finances par intérim entre 2016 et 2017, sous le gouvernement de Youssef Chahed.

Il a démissionné après sa mise en cause en tant que directeur général de Tunisie Valeurs pour infraction à la loi de change à la suite d’une plainte de la direction des douanes. L’affaire a abouti à un non-lieu en cassation.

Les négociations entamées au début de l’année pour créer un front commun des partis centristes seraient désormais au point mort. La proposition de certains partis comme Machrou Tounes et Al Badil Ettounsi de créer une structure pilotée par un comité directeur comportant les leaders des différentes formations réunies, ne fait pas consensus.

En attendant, Fadhel Abdelkefi s’engage sur le terrain pour regonfler les rangs d’Afek Tounes et se positionne dans les médias. Il a récemment promis de ne pas s’allier à Ennahdha, qu’il tient pour responsable de la détérioration de l’état du pays depuis dix ans.

Jeune Afrique : Vous avez pris la présidence d’Afek Tounes alors que le parti n’a obtenu que deux sièges à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), et ne revendique aujourd’hui que 6 000 adhérents, pourquoi ce choix­ ?

Fadhel Abdelkefi : Mon expérience exaltante de ministre au sein d’un gouvernement d’union nationale m’a permis de voir le potentiel réel de la Tunisie et de mieux comprendre certains enjeux, mais aussi le fonctionnement de l’administration. Lorsque l’on travaille dans le secteur privé, il est facile de penser qu’il n’y a qu’à faire ceci ou cela pour résoudre les problèmes, mais en basculant dans le secteur public on se rend compte que la réalité est plus complexe.

Notre objectif est de créer une troisième voie face à la bipolarisation de la vie politique

Je suis, depuis, convaincu du potentiel économique et social du pays, à condition de le réorganiser. Mon nom a par la suite été proposé à la tête du gouvernement en janvier 2020 et en juillet 2020, mais le chef de l’État a fait d’autres choix. Toujours est-il que j’ai été considéré comme une personnalité consensuelle par plusieurs partis.

Je me suis dit que pour participer à la vie publique, mieux valait sortir du statut d’indépendant ou de technocrate et s’engager de manière partisane. Or, Afek Tounes est un des plus anciens partis de la vie parlementaire. Il a été créé il y a déjà dix ans. Notre objectif est de le rebâtir et de créer une troisième voie face à la bipolarisation de la vie politique tunisienne entre le camp de l’islam politique et celui de la restauration, autour du Parti destourien libre (PDL).

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