« Le jour où j’ai quitté la France » – Jeune Afrique

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L’immunologiste d’origine marocaine, qui travaille sur un vaccin universel contre les coronavirus, revient sur sa période parisienne, lorsqu’il était jeune diplômé. Et explique les raisons de son départ de l’Institut Pasteur, pour la Californie. Témoignage.


J’ai quitté Paris et l’Institut Pasteur en 1997, après y avoir soutenu mon doctorat – qui portait sur un vaccin contre la malaria. Direction : la Californie pour effectuer un post-doc [un contrat après l’obtention du doctorat] en immunologie. Je n’ai pas pris la décision sur un coup de tête, elle était mûrement réfléchie.

Tout au long de ma dernière année de thèse, je n’ai cessé d’envoyer des candidatures à des universités américaines pour obtenir ce post-doc. Chaque semaine, j’écrivais au minimum cinq lettres, tant mon désir de partir était grand. À Paris, je me sentais à l’étroit, bridé dans mes ambitions.

Pourtant, quand je suis entré en 1992 à l’Institut Pasteur j’étais à ce moment-là le seul Marocain, j’étais très heureux. C’était comme être admis à Harvard :  pour un jeune biologiste ou un immunologiste, le nom Pasteur fait rêver. C’est le gage d’une formation d’excellence, reconnue dans le monde entier.

L’Arabe « invisible »

Sauf que je ne m’y sentais pas à ma place. Durant les années de recherche que j’y ai passé, je travaillais deux fois plus que mes camarades français, pour justement essayer de gagner cette place, ne plus être l’Arabe « invisible », montrer à mes collègues que j’étais gitime, et qu’ils reconnaissent mes compétences.

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