Révision du système électoral : quelles sont les chances des 7 ?

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7 principaux partis de l’opposition camerounaise ont décidé de coaliser les énergies pour la rédaction d’un nouveau Code électoral. Une initiative déjà dénoncée par le Rdpc.

Les leaders du Mrc, de l’Udc, du Pcrn, du SDF, du Mp, de l’Ums et de l’Usdp ont réussi à s’asseoir autour d’une table. Le but de cette coalition des forces, la rédaction d’un Code électoral consensuel. «Conscients qu’il existes de nombreux désaccords sur plusieurs dispositions du Code électoral en vigueur, ainsi que des dispositions obsolètes, des contradictions et des vides juridiques, ce qui fait obstacle à la plénitude de l’exercice d’un droit fondamental, le droit de vote, puis, à l’éventualité d’une alternance pacifique et démocratique ; avons décide de travailler ensemble dans un cadre républicain inclusif, avec toutes les parties prenantes du jeu démocratique, afin de mettre en place un système électoral nouveau ou amendé… », indiquent dans un communiqué Maurice Kamto, Joshua Osih, Cabrai Libii, Tomaino Ndam Njoya, Pierre Kwcmo, Hilaire Dzipan et Pierre Ekosso.

Ce «groupe de travail » a mis sur pied un secrétariat technique « chargé de recevoir, aux fins d’exploitation, toutes les contributions venant des acteurs suscités, au plus tard le 15 avril 2021…». La formation de cette « coalition » intervient quelques mois après l’appel lancé par le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, invitant les acteurs de l’espace public à se joindre à lui pour l’élaboration d’un nouveau Code électoral.

Sur le pied de guerre

L’annonce de cette nouvelle qui a eu pour cadre le siège de l’Union démocratique du Cameroun (Udc) a donné lieu a des réactions en cascade du régime. Tout d’abord, l’autorité administrative. Le Sous-préfet de Yaoundé 1er, Nyandji Mcbatou Harouna a débarqué sur les lieux jeudi dernier, accompagné d’une trentaine d’éléments de la Gendarmerie et de la police. Objectif de cette descente, s’assurer do la détention d’une déclaration de manifestation publique.

Une arrivée sur le site qui a paralysé a pendant près de deux ’heures l’évènement. En effet, Maurice Kamto, – Joshua Osih, Cabrai Libii, Pierre Kwemo, Hilaire Dzipan et Pierre Ekosso ont été appelés à quitter le siège de l’Udc;. «Dès lors que les autres acteurs (Mr Maurice Kamto et Cie) s’ajoutent, ce devient une réunion publique» assure e Sous-préfet.

C’est l’arbitrag ; du préfet du département du Mfoundi, Emmanuel Mariel Djikdent qui a permis aux hommes politiques qui avaient quitté les lieux d’y revenir. Le préfet a donné des orientations clairs. Ils peuvent travailler en fonction de cela. Ils vont juste lire la déclaration » a confié plus tard, Nyandji Mgbatou Harouna.

La deuxième attaque, c’est le Secrétaire à la Communication du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) qui la lance. Jacques Fame Ndongo s’est en effet fendu d’une déclaration assassine à l’endroit des 7 leaders. Il met le doigt sur le processus législatif que doit suivre le document qui sera issu des travaux des partis de l’opposition. «Il ne s’agit donc point simplement de collecter, des suggestions et de les «exploiter». Encore faut-il braver les fourches caudines démocratiques et incontournables du Parlement.

«Les contributions» émanant des «partis politiques, organisations ou personnalités de la société civile» et exploités» par un Secrétariat technique ad hoc ne peuvent pas, au regard des lois et Règlements de la République, adoptés par la rue ou par un conclave lové dans l’évanescence nébuleuse de certaines imaginations fécondes mais par le Parlement.-Tout le reste ne serait que logorrhée et fantasmagorie».

Mauvaises alliances

Au-delà d’avoir à faire face à la machine du Rdpc, les partis de l’opposition doivent challenger leur capacité à rester unis contre vents et marées. Un sujet sur lequel1, “lès’ leaders do’ l’opposftioh ‘ sont peu bavards. Selon le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), leur bonne volonté est contenue dans le communiqué rendu public.«Les partis politiques signataires assurent le peuple Camerounais de leur engagement à aller jusqu’au bout de cette démarche», a laissé tomber Cabrai Libii.

Un questionnement de la capacité de l’opposition camerounaise à rester unie, qui n’est pas anodin. L’histoire ne joue en effet pas en faveur de cette hypothèse. Dans le cadre-des scrutins présidentiels, l’on se souvient de la Coordination, Nationale des Partis Politiques . de l’Opposition et des Associations créée en juin 1991. Une coalition de 25 formations politiques et d’associations de défense des Droits de l’homme. Cette alliance déjà fortemfent réprimée par le régime va voler en éclat à la veille de là. Présidentielle de 1992. L’élection présidentielle à un tour suscite w des ambitions

organisationnelles qui font exploser la Coordination. Les partis politiques font défection et de nouvelles alliances naissent. C’est notamment le cas de l’Union pour le Changement qui a pour leader le Chairman du Social democratic front (Sdf) John Fru Ndi. Une autre alliance formée par l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), l’Union des populations du Cameroun (Upc) de Hogbe Nlend et l’Opposition patriotique est chapeautée par Adamou ndam Njoya.

Outre la Coordination Nationale des Partis Politiques de l’Opposition et des Associations, une autre plateforme foireuse voit le jour. La Coalition des. partis politiques de l’Opposition pour la réconciliation et la reconstruction nationales (CNRR). Ce regroupement de partis politiques ambitionne d’affronter le Rassemblement démocratique du peuple Camerounais (Rdpc) au cours de la Présidentielle de 2004. Cette alliance de l’UDC notamment avec le Sdf de John Fru Ndi va aussi voler en éclat. La Coalition dos partis politiques de l’Opposition pour la réconciliation et la reconstruction nationales implose du fait de la défection du Chairman suite au choix d’Adamou Ndam Njoya par le Comité du CNRR, comme candidat à l’élection présidentielle.

Autre élection autre alliance à problème. Le groupe de 7 nait ~au lendemain de l’élection présidentielle de 2011. On y retrouve notamment l’UDC de Ndam Njoya, le Cameroon people’s party la Dynamique, le Social democratic front (Sdf) l’Alliance des forces progressistes (Afp), l’Offre Orange, le parti des Patriotes démocrates pour le développement du Cameroun (Paddec) et l’Alliance pour la démocratie et le développement (Add). Un groupe qui lui aussi se désintègre et donne naissance à la plateforme appelée « Pacte républicain» dont on n’entend plus parler

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