Le martyr des réfugiés centrafricains au Cameroun

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Fuyant les combats en République centrafricaine, des milliers de civils centrafricains débarquent en masse à la frontière avec le Cameroun, notamment à  Garoua-Boulaï.

C’est un fait, Faustin Archange Touadéra, le président centrafricain a été réélu pour un deuxième mandat avec 53,16% des voix. La Cour constitutionnelle a validé cette élection. Prenant la parole en ce début de semaine, le numéro un centrafricain a lancé un appel à la réconciliation nationale. Le but ici, est de sortir du cercle vicieux des violences et des destructions.

Son appel survient dans un contexte où les civils souffrent le martyr sur toute l’étendue du territoire centrafricain après de multiples attaques des rebelles qui veulent annexés Bangui, la capitale. C’est dans cette lancée, que des hommes, femmes et enfants trouvent refuge dans les pays voisins. Notamment, la République démocratique du Congo et le Cameroun. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), plus de 60 000 personnes ont fui les violences en RCA depuis décembre 2020, lors de la campagne présidentielle.

 Yawe Nassi Libanga

C’est ainsi qu’à Garoua-Boulaï, à la frontière entre le Cameroun et la Rca, des réfugiés centrafricains arrivent chaque jour. Selon les chiffres sur place, ils sont déjà plus de  5.000. Dans cette ville camerounaise arrivent en grande majorité des femmes et des enfants. Ils se dirigent vers le camp de Gado-Badzéré, où les conditions de vie sont exécrables. Parmi ces réfugiés qui souffrent le martyr, figure en bonne place Yawe Nassi Libanga et son époux.

Ils sont arrivés dans ce camp des réfugiés, il y a seulement quelques jours, notamment après les violences de Bouar, c’est pour cela qu’ils sont encore sous le choc. « Les rebelles sont arrivés, ils ont commencé à tirer partout, les gens sont morts, ils ont brûlé les maisons.  On a fait trois jours de marche dans la forêt jusqu’à Garoua-Boulaï », relate  Yawe Nassi Libanga. Pour pallier à la saturation 300 abris ont été construits dans l’urgence il y a trois mois, grâce au concours de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés.

Maurice Moussouravi

Mais, il faut prévoir des sites nouveaux pour remédier  à d’autres arrivées des déplacés. « Si l’hémorragie continue, le gouvernement devra nous accorder d’autres sites pour ceux qui viendront. Le site où nous sommes actuellement est prévu pour 26.000 personnes et là nous en sommes presque à 27.500. Si ça continue, le site sera saturé », explique Maurice Moussouravi, c’est le chef de bureau du HCR de Meiganga. Sur place, les organismes internationaux qui sont mobilisés manquent de ressources pour la prise en charge des réfugiés.

L’on craint par ailleurs que leur nombre puisse doubler dans les prochains jours. « Cette crise n’épargne pas les agences du système des Nations unies comme le PAM, le HCR, l’Unicef », poursuit  admet Maurice Moussouravi. « Nous dépendons tous des donateurs. Et actuellement, la crise fait que nous sommes en dessous de nos standards », conclut-il.

 

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