quand la fermeture de la frontière alimente les trafics – Jeune Afrique

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En dépit de l’annonce du 16 décembre 2020, les camions de marchandises ne passent pas entre le Bénin et le Nigeria, poussant les commerçants à poursuivre des trafics jamais interrompus, qui expliquent le faible impact de ce blocus de 16 mois.


Lunettes à montures dorées, lourdes montres au poignet et embonpoint… Les quatre hommes qui sortent du bureau d’un officier des douanes exhibent tous les signes extérieurs de richesse.

La porte à peine refermée, tandis qu’ils récupèrent les téléphones portables qu’on leur avait demandé de confier au planton pour éviter un éventuel enregistrement embarrassant, l’un d’eux extirpe de sa poche une imposante liasse de nairas.

Dans la salle d’attente, une demi-douzaine de personnes, médusées, le voient ostensiblement compter une dizaine de billets, qu’il tend au jeune douanier chargé de l’accueil des invités.

Coffre plein de sacs de riz

Ce dernier glisse un regard alentour, fait « non » de la tête, mais finit par prendre l’argent. Les quatre hommes quittent le bureau, un large sourire sur les lèvres, puis s’engouffrent dans leur voiture, dont le coffre est sans doute plein à craquer de sacs de riz. Direction, le Nigeria.

La scène se déroule au début de janvier, côté nigérian, au poste de contrôle conjoint de Sèmè-Kraké, l’un des principaux points de passage avec le Bénin. Preuve que les « facilitations » sont de nouveau possibles le long d’une frontière qui, fermée plus de seize mois, a rouvert le 16 décembre.

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