Aux États-Unis, des ONG dénoncent des ablations clandestines de l’utérus dans des camps de migrants

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Cinq ONG américaines ont porté plainte pour dénoncer des hystérectomies dans un centre de détention où sont retenues des femmes migrantes. Ces interventions chirurgicales seraient pratiquées contre leur gré.

C’est une infirmière de l’établissement qui aurait donné l’alerte. Dans un Centre privé de détention de Géorgie (États-Unis), des femmes, détenues pour le compte de la US Immigration and Customs Enforcement (ICE), une agence de police douanière et de contrôle des frontières du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis, seraient victimes d’hystérectomies (suppression totale ou partielle de l’utérus).

« Une infirmière courageuse […] parle des abus, du racisme et des risques du #COVID19 pour les détenues et les gardiens », précise le tweet de Project South, l’une des cinq ONG qui ont porté plainte auprès du gouvernement.

« Des expériences sur nos corps »

L’infirmière raconte que les femmes ne sont pas au courant de ces opérations. « Plusieurs détenues m’ont dit être allées voir le médecin et avoir fait l’objet d’hystérectomies sans en avoir été informées » au préalable, a-t-elle raconté.

Elle ajoute qu’un médecin « pratiquait des hystérectomies sur à peu près tout le monde ».

L’une des détenues interrogées par les cinq ONG parle même de « camp de concentration expérimental ».

« Quand j’ai rencontré toutes ces femmes qui ont subi cette intervention chirurgicale, je me suis dit que ça ressemblait à un camp de concentration expérimental. C’était comme s’ils faisaient des expériences sur nos corps », précise-t-elle à Project South.

Une intervention risquée

La pratique de d’hystérectomies est pourtant une pratique dangereuse. « C’est un acte important qui doit être réfléchi, car il existe plusieurs types d’hystérectomie, qui en plus de rendre stérile, peuvent entraîner ou non une ménopause », explique le Dr Brigitte Letombe, gynécologue médicale et obstétrique sur le site journaldesfemmes.fr .

Les cinq ONG (Project South, Georgia Detention Watch, Georgia Latino Alliance for Human Rights et South Georgia Immigrant Support Network) ont déposé une plainte auprès du gouvernement (PDF en anglais), au nom des immigrantes détenues et de l’infirmière lanceuse d’alerte.

source : https://www.ouest-france.fr/monde/etats-unis/aux-etats-unis-des-ong-denoncent-des-ablations-de-l-uterus-dans-des-camps-de-migrants-6973931
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