Encore inimaginable il y a quelques années, la perspective d’un conflit militaire entre la Chine et les États-Unis semble de plus en plus plausible. En plus de la guerre économique que se livrent les deux grandes puissances, des tensions diplomatiques se cristallisent autour d’une région bien particulière : la mer de Chine méridionale. Chaque année, les porte-conteneurs transportent l’équivalent de 5.000 milliards de marchandises en passant par cette zone hautement stratégique. Cette partie de l’océan Pacifique recèle également des gisements pétroliers et gaziers importants.

Problème, plusieurs territoires de la mer de Chine méridionale comme les îles Pratas sont revendiqués par de nombreux pays d’Asie du Sud-Est tels que le Vietnam, la Malaisie ou les Philippines. De son côté, la Chine a affirmé son “indiscutable souveraineté” sur cette région du monde qu’elle revendique dans son intégralité. D’ailleurs depuis le début de la décennie, la République populaire occupe militairement les archipels des îles Spratleys et Paracels, situés au cœur de la mer de Chine méridionale. Une position diplomatique qui suscite le courroux des nations voisines, mais aussi des États-Unis qui considèrent ces revendications “illégales” et “illégitimes”.

L’Australie renforce ses liens avec États-Unis

Depuis, les deux grandes puissances mènent régulièrement des exercices militaires de plus en plus imposants dans cette région pour montrer leur présence politique et militaire. Selon The Economic Times, cette escalade inquiète de nombreux chefs d’États comme le premier ministre australien, Scott Morrison, qui estime qu’un conflit militaire entre Américains et Chinois devient de plus en plus en probable. Pour se prémunir contre une éventuelle menace chinoise, le gouvernement de Canberra a d’ailleurs augmenté de 40% le budget de l’armée australienne et plaide pour une alliance militaire renforcée entre l’Australie, l’Inde, le Japon et les États-Unis.

De son côté, le think tank chinois “South China Sea Strategic Situation Probing Initiative”, craint que Donald Trump demande à l’US Army de bombarder des îlots déserts, mais sous contrôle de l’armée chinoise afin d’augmenter sa cote de popularité avant les élections américaines de novembre prochain. “Un tel acte ne causerait pas de morts mais serait une humiliation grave pour la République populaire. Cela pourrait même mener à une guerre totale’, a confié le directeur du think tank au South China Morning Post.

De son côté, Rodrigo Duterte, le président des Philippines a préféré jouer la carte de la prudence. Le chef d’État a interdit à son armée de participer à des exercices militaires avec l’US Navy pour ne pas froisser la Chine. Une attitude de neutralité également adoptée par la Malaisie. Enfin, la position des États-Unis n’a pas changé depuis la déclaration du secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, qui a récemment soutenu “que Washington ne laisserait jamais un empire maritime chinois s’établir dans cette région”.

source:https://www.capital.fr/economie-politique/un-conflit-militaire-pourrait-eclater-entre-la-chine-et-les-etats-unis-1377375