Nigéria: manifestations suite à une série de viols suivis de meurtres de jeunes femmes et d’enfants en très bas âge.

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Une série de viols suivis de meurtres de jeunes femmes et d’enfants en très bas âge suscite une vive émotion au Nigeria. Un mouvement de protestation semble se lancer depuis cette semaine. Après les réseaux sociaux, les organisations militantes passent à la vitesse supérieure avec des actions concrètes pour mettre fin au sentiment d’impunité face à ce type de violence dans le pays.

Des marches regroupant des collectifs d’organisations féministes nigérianes ont se sont déroulées vendredi 5 juin à Lagos et à Abuja. Majoritairement vêtus de noir, une centaine de femmes et une dizaine d’hommes scandent des slogans devant une haie de policiers bloquant l’accès à leur quartier général national. Toutes et tous  portent à bout de bras des pancartes revendicatives. Il y a quelques jours à Ibadan, une jeune femme était mortellement agressée. Il y a une semaine c’était à Benin City : une jeune étudiante avait été violée puis tuée à l’intérieur d’une église. le ras-le-bol est palpable.

L’atmosphère s’alourdit quand Chioma Agwuegbo, une des têtes du mouvement, prend la parole. Elle égrène tous les cas de viols et féminicides au Nigeria
depuis le 1er janvier 2020. « Hier encore, une fillette de quatre ans, qui a été violée dans l’État de Calabar Cross River, est décédée. Hier, justice a été rendue pour un bébé de deux ans qui a été violé et assassiné. Mais ça a pris quatre ans, nous ne méritons pas ça dans ce pays. Justice après quatre ans, ce n’est pas bien », s’est-elle exclamée.

Une délégation remet une lettre officielle à l’inspecteur général, le patron des policiers nigérians. Ce courrier reproche l’indifférence, voire le mépris, affiché par certains agents lorsque des victimes ou leur proches veulent déposer plainte.

En tenue de camouflage, Frank Mba, le porte-parole de la police nigériane,
s’adresse brièvement à la foule :  « Il y a une vraie conspiration du silence. Et la majorité des affaires de viols n’est jamais signalée. Que ce soit à l’intérieur des familles, dans les églises, dans les bureaux, au sein de la classe politique ou bien dans les  écoles », dit-il.

Et ce silence au Nigeria, Chioma Agwuegbo et tout le cortège qu’elle mène font la promesse de le rompre à jamais.

source :http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200607-nigeria-violences-r%C3%A9p%C3%A9t%C3%A9es-femmes-

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