Les travailleuses du sexe révèlent leur lutte pour survivre au Covid-19

0 694

Le domaine de sexe n’est pas considéré comme « service essentiel » pendant le confinement causé par le coronavirus.

Certes, Anna, une jeune travailleuse du sexe localisée à Genève, continue de voir ses habitués malgré les prudences de distanciation sociale mises en place pour freiner la propagation du virus COVID-19. Le chiffre d’affaire lui, a baissé de « 80% », le nombre de cas d’infection dans le monde dépassant les 857 000 au moment de l’interview avec cette jeune Russe.

« Avant l’arrivée du virus, je fréquentais un ou deux clients par jour, et je gagnais environ 500 ou 1000 euros par jour », dit-elle au journaliste. Aujourd’hui, Anna vit avec 300 euros par semaine, et comme elle cite : « certains jours vous restez assis toute la journée sans savoir quoi faire ».

Menace de violation du confinement

En France, la Fédération Parapluie Rouge en tête de la représentation des travailleurs du sexe, a envoyé une demande officielle au gouvernement pour offrir un revenu compensateur pendant la période de crise et de confinement « sans aucune condition de régularité de séjour ».

Les 30 000 à 50 000 travailleurs du sexe en Suisse sont classés en statut indépendants, mais n’ont tout de même pas droit aux 1 500 euros d’aide qui ont été promis aux travailleurs par le gouvernement.

Les associations et les syndicats craignent que certaines des travailleuses du sexe les plus pauvres se retrouvent contraintes de violer les mesures de confinement pour survivre.

« C’est une situation terrible à laquelle on peut être confronté », déclare Mitchell. « Et c’est la responsabilité du gouvernement. »

La secrétaire française à l’égalité, Marlène Schiappa, a déclaré que « il est assez compliqué d’assister une personne qui pratique une activité sans déclaration comme la prostitution ».

Déplacer les affaires en ligne

L’une des possibilités offertes à ceux qui disposent de l’équipement et de l’espace nécessaires pour le faire, est d’effectuer leur travail de prostitution en ligne. Cependant, beaucoup n’ont pas cette possibilité.

« Certains collègues sont passés au travail virtuel, mais malheureusement, très peu peuvent le faire », a déclaré une escort à Zurich en Suisse référencée chez CatGirl.

« La plupart d’entre eux ne voient pas leur situation administrative régularisée et cela les empêche même d’avoir un compte courant sur lequel ils peuvent rediriger les revenus obtenus »

D’autres partagent une chambre avec leur propre famille, il est donc logique qu’ils ne puissent pas utiliser la solution en ligne pour survivre. Beaucoup vivent ensemble dans des zones où il n’y a pas une bonne connexion à Internet et, à l’heure actuelle, la seule façon de gagner un peu d’argent est par ce moyen, qui est par ailleurs très exploité et hyper-saturé ».

Une travailleuse du sexe de 29 ans qui basait ses revenus avant exclusivement avec l’annonce escort et depuis le début de la crise, elle a tout déplacé en ligne : « Même si je travaille maintenant avec des webcams, je me sens en danger ».

Célia (alias) a déclaré que janvier et février sont déjà des mois difficiles pour gagner de l’argent, et qu’en mars, lorsque la situation s’améliore généralement, elle a perdu la moitié de ses revenus.

L’une des filles indépendantes la plus expérimentée dans l’annuaire escort Suisse, une escorte et actrice féministe occasionnelle, travaille de 17 à 50 heures par semaine, et dit ne pas gagner plus de 15 000 euros par an, dont 25 % sont reversés aux impôts.

Les travailleurs du sexe affrontent les difficultés dans d’autres pays

Les travailleurs du sexe dans plusieurs pays asiatiques connaissent des difficultés semblables, mais dans certaines villes, les gouvernements agissent pour en assumer le fardeau.

Le Bangladesh est l’un des rares pays d’Asie où le travail du sexe et l’activité de prostitution sont légaux, les maisons closes étant soumises à des réglementations et à des licences.

Le mois dernier, le gouvernement a ordonné la fermeture des maisons closes dans tout le pays, y compris celle de Daulatdia, la plus grande du pays, qui compte jusqu’à 2 000 travailleurs du sexe.

Pour réduire l’impact de cette mesure, les travailleurs du sexe de la ville ont vu leur loyer suspendu et ont reçu chacun 20 à 30 kilos de riz, selon les journaux locaux et les déclarations des autorités.

En Malaisie, où l’ensemble des activités sexuelles reste illégal, il existe des possibilités d’aide pendant la crise du COVID-19.

Par exemple, le gouvernement a instauré des allocations mensuelles ainsi que des logements temporaires pour les sans domicile fixe et les chômeurs, dont beaucoup sont des travailleurs du sexe – mais ils doivent souvent cacher leur profession pour obtenir les aides.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.