Ebola en RDC : « Si tout se passe bien, nous pourrons déclarer la fin de l’épidémie le 12 avril » – Jeune Afrique

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Alors que la dernière patiente a quitté le centre de traitement de Beni, l’un des épicentres de l’épidémie, la RDC peut-elle crier victoire face au virus Ebola, qui sévit dans les deux Kivu ainsi qu’en Ituri depuis août 2018 ? Réponse du Pr Jean-Jacques Muyembe, qui a dirigé la riposte.


Tuniques vertes et charlotte sur la tête, l’équipe médicale du centre de traitement de Beni a célébré, mardi 3 mars, la sortie de Semida Masika, la dernière patiente Ebola encore en observation. Depuis le début de la flambée, en août 2018, 3 444 cas (3 310 confirmés et 134 probables) ont été recensés pour 2 264 décès enregistrés, selon le dernier bilan de l’OMS daté du 2 mars. La dixième épidémie d’Ebola de l’histoire de la RDC, déclarée urgence sanitaire mondiale par l’OMS en juillet 2019 après la découverte d’un cas à Goma, touche-t-elle à sa fin ? La situation ne semble pas si simple.

Nommé en juillet 2019 à la tête de la riposte en remplacement du Dr Oly Ilunga, ancien ministre de la Santé, le professeur Jean-Jacques Muyembe connaît bien ce virus. Docteur en virologie, c’est lui qui, en 1976, découvre les premiers cas suspects à Yambuku, sur les bords de la rivière Ebola, dans l’actuelle province du Mongala (nord-est).

Placé par Félix Tshisekedi à là la tête du comité d’experts chargé de contenir l’épidémie, il revient pour Jeune Afrique sur l’épidémie, les risques de résurgence du virus et livre un premier bilan d’une riposte qui n’a pas été épargnée par les critiques.

Jeune Afrique : Après la guérison de la dernière patiente au centre de traitement de Beni, peut-on dire que l’épidémie touche à sa fin ? 

Pr Jean-Jacques Muyembe : La dernière patiente est sortie le 3 mars. Pour nous cela signifie que l’épidémie est sous contrôle. Désormais, il faut attendre 42 jours avant de pouvoir déclarer la fin de l’épidémie.

Le compte à rebours a commencé le 2 mars, date du retour des derniers tests négatifs de la patiente, qui n’est aujourd’hui plus en capacité de transmettre le virus à d’autres personnes. Si tout se passe bien, nous pourrons déclarer la fin de l’épidémie le 12 avril.

Existe-t-il des risques de résurgence du virus ?

La probabilité est faible, parce que le nombre de personnes avec lesquelles cette dernière patiente a interagi, sous surveillance de nos équipes médicales, a considérablement diminué. Initialement ils étaient une centaine, mais on n’en dénombre plus qu’une trentaine aujourd’hui.

Le suivi, qui doit durer 21 jours, s’achèvera pour ces derniers patients le 9 mars. Si, d’ici là, aucune d’entre-elles ne présente de symptômes, elles seront déclarées hors de danger.

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