Au secours, mon ado regarde des films X ! – xnxx

Aujourd’hui, 21 % des jeunes de 14 à 24 ans regarderaient du contenu pornographique au moins une fois par semaine. Un chiffre qui atteint 15 % chez les 14-17 ans. Chez les les 14-15 ans, 8 % le feraient même une fois par jour, et 7 % des jeunes consultent des contenus pornographiques plusieurs fois par jour.

Ces données sont les résultats d’une enquête sur les jeunes et les addictions réalisée l’année dernière par la Fondation pour l’innovation politique. Pour 92 % des jeunes, l’accès aux contenus pornographiques est facile et gratuit. Pourtant, cette pratique régulière peut avoir de graves conséquences sur le développement des jeunes. Décryptage avec Sébastien Garnero, psychologue clinicien, psychothérapeute et sexologue chargé d’enseignement à l’université Paris-5.

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Est-il inquiétant que son adolescent regarde des films X ?

« Il est normal de s’inquiéter quand on surprend son enfant regarder des contenus pornographiques, et ce quel que soit l’âge. Un visionnage occasionnel ne doit pas nécessairement susciter d’inquiétude, rassure Sébastien Garnero. Aujourd’hui, de nombreux jeunes en consomment sans le vouloir même avant l’âge de 14 ans, dès l’âge de 11 ans parfois. Aujourd’hui, l’accès est facilité grâce aux smartphones, aux tablettes, aux ordinateurs, etc. La surexposition pornographique est une réalité. Cependant, une consommation régulière de contenus X ne doit pas être prise à la légère, car les conséquences peuvent être importantes sur le développement de l’enfant. Pour de nombreux jeunes, ces contenus sont le seul moyen de s’intéresser à la sexualité. »

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Quels sont les dangers d’un visionnage excessif ?

« Cette pratique n’est pas sans danger. Chez les jeunes, elle peut causer une véritable dépendance et même une addiction. Les vidéos pornographiques entraînent souvent une dissociation de l’amour et la sexualité. En effet, les jeunes pensent que les relations sexuelles et l’amour sont deux éléments à séparer. De plus, ces contenus véhiculent une image dévalorisante autour de la femme et parfois de l’homme uniquement en tant qu’objet sexuel. Ces contenus dévalorisent également les rapports sexuels et le corps des hommes. Les jeunes se comparent physiquement aux acteurs. Une comparaison qui engendre une angoisse de la performance, explique le psychologue. Les films X caricaturent également les fantasmes et réduisent l’imaginaire. »

Comment aborder le sujet avec son enfant ?

« Il est indispensable que les parents échangent avec leurs enfants. Il faut parler de sexualité sans tabou ! L’important est de bien expliquer aux jeunes que les films pornographiques ce sont uniquement du cinéma, il ne s’agit en aucun cas de la réalité. Il faut faire un travail de pédagogie en démontant les fausses idées. L’apprentissage de la sexualité ne doit en aucun cas se faire par des films X. Les parents doivent répondre aux questions de leurs enfants mais ne pas se montrer trop curieux ni trop intrusifs. Il appartient également aux proches de sensibiliser les jeunes à la prévention contre les IST et les MST », prône le sexologue chargé d’enseignement à l’université Paris-5.

Il indique également que l’éducation sexuelle devrait également se faire au collège par des professionnels. « Je recommande aussi souvent de laisser son enfant participer à des associations pour échanger sur la sexualité avec des tierces personnes et parler plus librement. Des professionnels de santé sont également des interlocuteurs privilégiés pour échanger sur le sujet. N’hésitez pas à proposer à votre ado de consulter un spécialiste (médecin, psychologue, sexologue) à partir de leurs questionnements sur les transformations de leur corps, les complexes physiques, les interrogations autour de la sexualité, de la vie affective ou des premières expériences amoureuses. »

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