L’insécurité due à la présence de Boko Haram a gravement perturbé les activités agricoles et le commerce transfrontalier dans la région du Nord et de l’Extrême-Nord


Pour répondre à cette problématique, l’Union Européenne (UE), à travers le fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, a accordé un financement de 20 millions d’euros à deux consortia composés d’organisation non-gouvernementales locales et internationales, pour le redressement économique et social inclusif, et la lutte contre l’insécurité alimentaire dans l’Extrême-Nord.

Il devient de plus en plus difficile de trouver de la nourriture dans la partie septentrionale du Cameroun, disent les habitants, non seulement parce que c’est actuellement les préparatifs du mois de jeûne qui s’annonce, mais aussi parce que l’insécurité due à la présence de Boko Haram a gravement perturbé les activités agricoles et le commerce transfrontalier dans la région du Nord et de l’Extrême-Nord .


Pas moins de 150 000 habitants de la région du Nord pourraient se retrouver en situation de crise alimentaire aigüe cette année, ont averti les organisations humanitaires et les autorités locales il y a quelques mois dans cette partie du pays .La famille de Mme  Moussa  consommait habituellement quatre kilogrammes de riz par jour en moyenne, avec des légumes et de la viande. Maintenant, ils doivent se contenter d’un kilogramme par jour. Parfois, lorsqu’ils ont la chance de recevoir du riz distribué par le gouvernement ou tout autre organisme, Mme  Salamatou en cuisine deux kilos.

Face à cette situation de crise, de nombreuses populations déplacées, fuyant les atrocités des combattants de la nébuleuse ont pris d’assaut les salles de classe. Des écoles situées dans les localités intérieures ont vu leurs effectifs triplés voire plus, du fait de l’accueil des élèves issus des écoles fermées ou détruites. Le déficit énorme en enseignant s’est encore aggravé par l’instabilité au poste des enseignants en cours d’intégration et des affectations effectuées en milieu d’année dans l’extrême-Nord du Cameroun.

Dans l’Extrême-Nord, 90 701 réfugiés nigérians sont enregistrés par le Haut-Commissariat pour les réfugiés et 215 000 personnes déplacées internes ont été recensées par l’Organisation Internationale pour les Migrations. Les personnes réfugiées dépendent majoritairement de l’aide humanitaire, notamment de l’aide alimentaire fournie par le Programme Alimentaire Mondiale, dans des régions déjà marquées par des périodes d’insécurité alimentaire et de malnutrition chronique.

Cette augmentation de la population génère des déséquilibres socio-économiques, crée une pression sur les ressources naturelles et entraîne des tensions autour de celles-ci et de l’accès aux services de base (Eau, Hygiène, Assainissement, Santé, Education).

Pour répondre à cette problématique, l’Union Européenne (UE), à travers le fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, a accordé un financement de 20 millions d’euros à deux consortia composés d’organisation non-gouvernementales locales et internationales, pour la mise en œuvre de deux programmes portant sur le redressement économique et social inclusif, et la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême Nord du Cameroun.

Le premier consortium est constitué d’Action Contre la Faim, Première Urgence Internationale, Croix-Rouge Française, CARE France et Solidarités Internationale, et bénéficie d’un financement de 13 millions d’euros sur trois ans pour la mise en œuvre du Programme de Redressement Économique et Social Inclusif et de Lutte contre l’Insécurité Alimentaire et Nutritionnelle des Territoires du Nord et de l’Extrême Nord (RESILIANT).

Le deuxième consortium est constitué de SNV, APROSPEN et CADEPI, et bénéficie d’un financement de 07 millions d’euros pour la mise en œuvre du Projet de Renforcement de la Résilience des Populations des Régions Septentrionales au Cameroun (PRESEC) .

Par Félix Swaboka à Garoua | Actucameroun.com


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