Cyril Hanouna en Tunisie, ou quand TPMP se met au service du tourisme – JeuneAfrique.com

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Le présentateur vedette l’a annoncé en janvier : son émission TPMP (« Touche pas à mon poste ») se délocalisera dans les prochaines semaines en Tunisie. Mais avec quels moyens ? Et pour quoi faire ? Jeune Afrique a posé la question aux parties concernées.

C’est en mai prochain que l’émission de Cyril Hanouna, TPMP, diffusée sur la chaîne française C8, devrait être délocalisée en Tunisie, selon des sources concordantes. Une opération lourde à organiser sur le plan logistique et coûteuse, puisque plateaux et équipes traverseront la Méditerranée.


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Le ministère tunisien du Tourisme devrait prendre en charge le transport et l’hébergement de l’équipe française. Des hôteliers auraient d’ores et déjà proposé de la loger gracieusement pour encourager la relance du secteur. La société de production de Cyril Hanouna, H2O, financera quant à elle la délocalisation du plateau et les salaires de l’équipe. Il n’est d’ailleurs pas exclu que des techniciens tunisiens soient appelés en renfort.

Quand Hanouna met en scène ses racines

Une délocalisation, mais pour quoi faire ? Un « vrai prime sur place », promettent les organisateurs. Le programme sera peaufiné en avril, mais on sait déjà que le présentateur vedette, d’origine tunisienne, ainsi que ses chroniqueurs, testeront eux-mêmes plusieurs destinations et activités aux quatre coins du pays. Ces séquences seront filmées et montées pour être présentées sur le plateau installé dans le « pays du jasmin ».

Cyril fera le max pour la Tunisie, assure une source gouvernementale, le but étant de séduire le marché français

« Cyril fera le max pour la Tunisie », assure une source gouvernementale, le but étant de séduire le marché français. Un objectif que partage le ministère de tutelle, qui espère dépasser la barre du million de touristes venus de l’Hexagone en 2019 – ils étaient 800 000 en 2018.

Ce n’est pas la première fois que Cyril Hanouna évoque ses racines. TPMP a vu à plusieurs reprises son bouc émissaire de chroniqueur (et néanmoins complice) Matthieu Delormeau se prêter au jeu des clichés, jusqu’à se créer l’identité de « Kader » – un personnage qui montre que « pour être un bon Tunisien, il faut savoir danser », avant de saluer « un grand et beau pays et un grand peuple ». Faut-il séparer le « bon » goût de l’ivraie ? Pour faire le buzz et faire du chiffre dans un pays en crise économique, rien n’est de trop.

Christophe Makroud, chameaux et autre clichés

Dans « Touche pas à mon poste », il y a eu aussi le précédent Christophe Makroud (« comme Christophe Maé en version tunisienne ») et son orchestre, entourés de drapeaux tunisiens, accueillant un chameau sur le plateau. Après que l’animateur a demandé aux 400 personnes du public de lui « faire une ambiance tunisienne », autant de séjours dans le pays leur avaient été offerts.


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Le chameau n’était pas tunisien, s’était un temps émue la toile. Pour éviter toute vaine polémique, c’est cette fois Cyril Hanouna qui viendra donc aux chameaux. L’annonce avait été faite en direct le 24 janvier dernier, en présence du ministre du Tourisme, René Trabelsi, venu en personne sur le plateau, accompagné de quatre Miss tunisiennes et d’une pièce montée. L’émission était alors sous-titrée « Chez Baba, couscous et médias ». Le tout saupoudré d’un spot promotionnel ironique à grandes pelletés, là aussi, de clichés : « à Djerba, ça sent la kefta » ; « vous cherchez du soleil, de la mer et des beaux berbères » ; « on a tous quelque chose en nous de Tunisie, cette envie que ce mouton soit bien cuit ».

Moins de partenariats depuis la révolution 

La Tunisie a déjà monté par le passé des partenariats avec des émissions françaises. Depuis la révolution, ces dernières se sont raréfiées dans le créneau du divertissement, au profit d’émissions documentaires ou de reportages qui, sous Ben Ali, n’avaient droit de cité qu’à condition d’être compassées.

TPMP marche dans les pas d’autres programmes télévisés, comme feu « N’oubliez pas votre brosse à dents », présenté par Nagui. En 1996, la chaîne publique qui diffusait cette émission s’était cependant vu infliger une coquette amende par le Conseil supérieur de l’audiovisuel français pour « promotion appuyée de la compagnie Tunisair, de l’Office du tourisme tunisien et des hôtels Palm Beach et Abu Nawas ».

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