Dans la presse – Présidentielle en RD Congo : “La surprise Tshisekedi”

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À la une de la presse africaine, jeudi 10 janvier, les réactions à l’annonce, cette nuit, de la victoire de l’opposant Félix Tshisekedi à la présidentielle en RD Congo par la Commission électorale.

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À la une de la presse africaine, les résultats provisoires de la présidentielle en République démocratique du Congo, où l’opposant Félix Tshisekedi a été proclamé vainqueur par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Félix Tshisekedi, vainqueur de la présidentielle en RD Congo : “Qui l’eût cru ?”, peine à croire Le Djely, en évoquant une issue que “personne, quasiment, n’aurait pu prévoir”. “Avec tous les problèmes créés à l’opposition et les moyens colossaux dont a bénéficié le poulain de Joseph Kabila, personne n’aurait misé sur la victoire” de Tshisekedi, “mais la RDC l’a fait ! Elle tient enfin sa première alternance !”, s’enthousiasme le site guinéen. “‘Bravo’, a-t-on envie de crier ! Bravo au Congo et aux Congolais. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, cette issue est le fruit d’une résistance acharnée des Congolais. La récompense de leur refus obstiné de céder aux intimidations, aux menaces et même pour certains à la liquidation physique”.

Le site Afrikarabia évoque lui aussi ce matin une “surprise Tshisekedi”. “De rebondissements en rebondissements, ces élections congolaises auront été un festival d’inattendus”, écrit le site spécialisé dans la RD Congo, qui précise que Félix Tshisekedi devance, avec 38 % des voix, Martin Fayulu et le candidat du pouvoir, Emmanuel Shadary, selon les premiers résultats. Deux rivaux auxquels le vainqueur a rendu hommage, en promettant qu’il ne serait pas “le président d’une tribu”, mais celui de “tous les Congolais”. “Une victoire négociée ?”, s’interroge toutefois Afrikarabia, en faisant état des dernières interviews accordées par Félix Tshisekedi, où il semblait “tendre la main” à Joseph Kabila. “Si la majorité présidentielle a perdu, (le président sortant) restera dans l’ombre”, annonce déjà le site, en assurant que “le camp Kabila n’a pas dit son dernier mot”, tandis que “le système économique et sécuritaire devrait rester aux mains de l’ex-président, qui (aurait) verrouillé toutes les administrations, la justice, la Cour constitutionnelle (en cas de litige post-électoral et il peut y en avoir), mais surtout la police, l’armée et les services de renseignements”. Les responsables religieux, tout comme l’Union africaine, ont appelé les perdants à accepter la défaite.

Un appel relayé par Wakat Sera, qui met en garde contre une “crise postélectorale” provoquée par un éventuel manque de “retenue”. “Pour l’instant, et sauf revirement, la RDC vient d’entrer dans une nouvelle ère, qui porte les fruits d’un processus démocratique qui a longtemps titubé”, espère le site d’info burkinabè.

Les médias africains reviennent aussi ce matin sur le parcours du nouveau président de la RD Congo. “Le père n’y est pas parvenu, le fils l’a fait”, salue CAS-Info, en évoquant, pour Félix Tshisekedi, “la consécration d’un combat de plus de 30 ans”, “celui de son père, Étienne Tshisekedi, opposant historique, disparu en février 2017 à Bruxelles, alors que la RD Congo était en pleine en pleine crise politique”. “‘Je ne me suis pas battu pendant plus de 30 ans pour laisser la place à un autre’, ne cessait de répéter Étienne Tshisekedi, surnommé ‘le Sphinx’. Cette place, qu’il à tenté d’arracher à la dictature de Mobutu, puis à Kabila père et fils, reste bien dans la maison Tshisekedi, par le biais de son rejeton”, écrit le site d’info congolais. “En attendant la confirmation de la Cour constitutionnelle, un Tshisekedi est devenu ce jour le 5e président de la République démocratique du Congo. Historique”.

“Alors que la dépouille du ‘Sphinx’ se trouve toujours en Belgique, faute d’accord avec le pouvoir pour des obsèques au pays, son fils, Félix, s’impose comme le digne successeur de son père”, annonce le site de la radio-télévision belge. “‘Fatshi’ – le surnom de Félix Tshisekedi – est parti au combat avec l’appui de la machine de guerre fondée par son père dans les années 80 contre la dictature du maréchal Mobutu”, poursuit la RTBF, qui n’a pas oublié que Félix Tshisekedi avait été aux avant-postes des négociations entre la majorité et opposition, sous l’égide de l’église catholique, qui avaient débouché, fin 2016, sur l’accord de la Saint-Sylvestre reportant les élections. “Tshisekedi fils aurait alors refusé un poste de Premier ministre, tandis que le président Kabila se maintenait au pouvoir au-delà de la fin de son deuxième et dernier mandat”, rappelle la radio-télé belge, qui précise également que Félix Tshisekedi, marié, et père de cinq enfants, a fait état, dans le passé, d’un diplôme de marketing et de communication décroché en Belgique, mis en doute par la presse belge comme par ses détracteurs, qui lui reprochent aussi de n’avoir jamais exercé de responsabilité.

Radio Okapi souligne les nombreux défis qui attendent désormais Félix Tshisekedi. “Élu président de ce vaste pays qu’est la RD Congo au cœur de l’Afrique avec ses riches ressources minières qui contrastent avec la pauvreté de sa population, (le nouveau président) a d’immenses défis qui l’attendent”, rappelle la radio de l’ONU en RD Congo, “tant pour l’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens que l’avancement de la démocratie que le peuple congolais appelle de tous ses vœux”.

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